« Il y a un Juif à Los Angeles qui s'appelle Moché Mendel Feiner. Voilà ce qui se
passa, il y a presque soixante ans.Sa femme avait un cancer suite aux expériences pratiquées sur elle dans les camps. La situation était si dramatique qu'elle était au bord de l'agonie.
Après différentes démarches, il fut reçu par le Rabbi de Loubavitch à New-York, dans son bureau et l'implora de lui accorder sa bénédiction.Dans sa grande modestie, le Rabbi tentait de se dérober. « Qui suis-je? Que suis-je? ». Mais l'autre répondit : « Peu importe qui vous êtes. Je désire recevoir une bénédiction. Il ne faut négliger la bénédiction de personne... »
Pour lire la suite de ce témoignage rendez-vous au lien suivant et télécharger le numéro 5 http://www.cehmarais.com/Le-Mensuel-du-Pletzl.html
Paul CELAN, Entretien dans la Montagne

Le dimanche 16 janvier 2011 à 16 heures, aura lieu la conférence portant sur l'oeuvre de Paul Celan, Entretien dans la Montagne. Elle se déroulera à la synagogue du 17 de la rue des Rosiers à Paris (4ième). L'entrée est libre pour un public mixte de tout âge. Une participation aux frais est la bienvenue.
Merci de confirmer votre présence par les moyens cités de côté.
Lettre de David Ben-Gourion au parti orthodoxe Agoudat Israël

Afin de poser les bases d’une collaboration sereine entre laïques et religieux dans
le jeune Etat juif, David Ben-Gourion adresse, en juin 1947, une lettre au parti
politique orthodoxe Agoudat Israël, dite lettre du statu quo.
Ben-Gourion y détermine le champ d’intervention des autorités religieuses
dans 4 domaines litigieux : le shabbat, la cacherout (bases et processus de
cachérisation), le statut personnel (l’état civil) et l’éducation.
(Le texte est reproduit dans son intégralité.)
19 juin 1947, A l’attention d’Agoudat Israël
Messieurs,
La direction de l’Agence juive a été informée par l’entremise de son Président, de votre désir d’obtenir des assurances dans les domaines du statut personnel, du Shabbat, de l’éducation et de la Cacherout, dans l’Etat juif, après sa création. La création de l’Etat nécessite l’accord de l’ONU ; cet accord ne sera pas donné si nous ne pouvons garantir la liberté de conscience à tous les citoyens et s’il n’était pas évident que nous n’envisagerons pas de créer un Etat théocratique. Dans l’Etat juif, il y aura également des citoyens non juifs, chrétiens et musulmans, et il est bien clair qu’il faut dès maintenant garantir l’égalité totale des droits à tous les citoyens et l’absence de toute contrainte et de toute discrimination, que ce soit en matière religieuse ou en tout autre domaine.
Nous avons noté avec satisfaction que vous comprenez qu’aucun organisme n’est habilité à déterminer par avance la Constitution de l’Etat et que celui-ci, dans certains domaines, sera souverain pour établir sa constitution et son régime conformément aux désirs de ses citoyens. Pourtant, la direction de l’Agence juive comprend vos demandes. Elle sait que celles-ci ne sont pas seulement les demandes d’Agoudat Israël, mais de tous les croyants de la foi d’Israël, dans le camp sioniste ou en dehors de tout parti politique.
La direction de l’Agence juive comprend parfaitement votre légitime requête selon laquelle elle vous fasse connaître sa position concernant vos demandes et qu’elle vous fasse part de ce qu’elle sera disposée à faire, à la mesure de son influence, pour que ces demandes puissent être réalisées. La direction de l’Agence juive a donné pouvoir aux signataires de la présente pour formuler des réponses aux questions que vous aviez posées lors de notre conversation.
Par la présente, nous vous faisons connaître la position de la direction de l’Agence juive :
a) Shabbat : Il est évident que le jour de repos légal dans l’Etat juif sera le Shabbat, étant entendu que les chrétiens et les personnes appartenant à d’autres confessions pourront choisir leur propre jour de repos.
b) Cacherout : Tous les efforts seront entrepris afin de garantir que, dans toute cuisine publique destinée à des Juifs, la nourriture soit cachère.
c) Statut personnel : Tous les membres de la direction sont parfaitement conscients de la gravité de la question ainsi que de ses difficultés. Tous les organes représentés par la Direction s’engagent à faire tout ce qui est possible pour satisfaire l’exigence profonde des croyants, en vue d’éviter à tout prix le malheur que constituerait la scission du peuple d’Israël en deux groupes.
d) Education : L’autonomie complète des différents secteurs de l’enseignement est garantie (c’est d’ailleurs le système pratiqué actuellement au sein de l’Organisation sioniste et de Knesset Israël). Il n’y aura aucune atteinte de la part des autorités publiques à la foi et à la conscience religieuse d’aucun groupe en Israël. Bien entendu, l’Etat déterminera le minimum qui devra être obligatoirement enseigné : la langue hébraïque, l’histoire, les sciences, etc. L’Etat contrôlera le respect de ce minimum, mais il laissera toute latitude à chaque branche de l’enseignement pour qu’il s’administre comme il l’entend et s’abstiendra de toute atteinte à la conscience religieuse.
Au nom de la direction de l’Agence juive :
David Ben-Gourion,
Itzhak Greenbaum, Le rabbin I.L. Fishman.
L’exil au Maghreb - La condition juive sous l’Islam 1148-1912
L’exil au Maghreb - La condition juive sous l’Islam 1148-1912,
Paul B. Fenton & David G. Littman
C’est un ouvrage véritablement monumental, fruit d’un labeur de quarante années de recherches, que nous proposent deux grands savants spécialistes d’un sujet douloureux s’il en fut et pourtant relativement méconnu, celui de la condition des Juifs en terres d’islam. Loin des clichés de l’Âge d’or, les auteurs, en puisant au meilleures sources : relations de voyageurs, arrêtés de décisionnaires musulmans, rapports de diplomates, complaintes de dirigeants communautaires juifs, extraits d’ouvrages…, nous brossent, à travers une anthologie d’excellente qualité, un tableau édifiant de ce que fut, au cours des siècles et avant l’arrivée de la colonisation, la vie de Juifs au Maghreb : un enfer.

On redécouvre, avec horreur, que le statut infamant de la dhimma, ne fut pas un vain mot, quelques obligations ou vexations secondaires, mais un tourment au quotidien, avec son lot d’exactions, de viols, de meurtres et de destructions.
Dans le droit fil des travaux des deux grands historiens du judaïsme oriental, Schlomo Dov Goitein (1900-1985) et Hayyim Zeev Hirschberg (1903-1976), Fenton et Littman, qui avaient prévu d’étendre leurs investigations au Maroc, à l’Algérie, à la Tunisie, à la Libye, à l’Égypte, à la Syrie, à la Palestine, à l’Irak, au Yémen, à l’Iran et à la Turquie, ont été amenés, pour diverses raisons, à limiter ce premier rapport au Maroc et à l’Algérie. Le résultat, quelque huit cents pages, n’en est pas moins saisissant. Un exemple, parmi des centaines, donnera une idée claire des textes peu connus qui nous sont dévoilés, celui du traité de Muhammad ben Abd al-Karîm al-Maghîlî (1440-1504), docteur tlemcénien qui fixa, en son temps, les règles de la dhimma. Vu l’importance de ce texte dont l’auteur est, de nos jours, vénéré comme un saint et dont la tombe, au Touat, est un lieu de pèlerinage, Littman et Fenton nous le traduisent en totalité.
On peu ainsi y lire ces mots terrifiants : « Je jure par celui dont dépend ma vie que tuer, ne serait-ce qu’un seul Juif, confère une récompense plus grande que de mener la guerre au pays des polythéistes. Partout où vous les trouverez, saisissez-les et tuez-les ! En tout lieu, pillez leurs biens, capturez leurs enfants et leurs femmes jusqu’à ce qu’ils se soumettent complètement aux lois islamiques, de la manière la plus stricte. Ces scélérats iniques doivent être assujettis à la capitation et à l’humiliation. Ils doivent être promenés chargés de chaînes et de fers dans toutes les contrées et à toutes les époques afin de manifester la gloire du prophète élu ».
Une abondante et riche iconographie illustre ce livre qui fera date.
Arnold Lagémi
Paul B. Fenton & David G. Littman
C’est un ouvrage véritablement monumental, fruit d’un labeur de quarante années de recherches, que nous proposent deux grands savants spécialistes d’un sujet douloureux s’il en fut et pourtant relativement méconnu, celui de la condition des Juifs en terres d’islam. Loin des clichés de l’Âge d’or, les auteurs, en puisant au meilleures sources : relations de voyageurs, arrêtés de décisionnaires musulmans, rapports de diplomates, complaintes de dirigeants communautaires juifs, extraits d’ouvrages…, nous brossent, à travers une anthologie d’excellente qualité, un tableau édifiant de ce que fut, au cours des siècles et avant l’arrivée de la colonisation, la vie de Juifs au Maghreb : un enfer.

On redécouvre, avec horreur, que le statut infamant de la dhimma, ne fut pas un vain mot, quelques obligations ou vexations secondaires, mais un tourment au quotidien, avec son lot d’exactions, de viols, de meurtres et de destructions.
Dans le droit fil des travaux des deux grands historiens du judaïsme oriental, Schlomo Dov Goitein (1900-1985) et Hayyim Zeev Hirschberg (1903-1976), Fenton et Littman, qui avaient prévu d’étendre leurs investigations au Maroc, à l’Algérie, à la Tunisie, à la Libye, à l’Égypte, à la Syrie, à la Palestine, à l’Irak, au Yémen, à l’Iran et à la Turquie, ont été amenés, pour diverses raisons, à limiter ce premier rapport au Maroc et à l’Algérie. Le résultat, quelque huit cents pages, n’en est pas moins saisissant. Un exemple, parmi des centaines, donnera une idée claire des textes peu connus qui nous sont dévoilés, celui du traité de Muhammad ben Abd al-Karîm al-Maghîlî (1440-1504), docteur tlemcénien qui fixa, en son temps, les règles de la dhimma. Vu l’importance de ce texte dont l’auteur est, de nos jours, vénéré comme un saint et dont la tombe, au Touat, est un lieu de pèlerinage, Littman et Fenton nous le traduisent en totalité.
On peu ainsi y lire ces mots terrifiants : « Je jure par celui dont dépend ma vie que tuer, ne serait-ce qu’un seul Juif, confère une récompense plus grande que de mener la guerre au pays des polythéistes. Partout où vous les trouverez, saisissez-les et tuez-les ! En tout lieu, pillez leurs biens, capturez leurs enfants et leurs femmes jusqu’à ce qu’ils se soumettent complètement aux lois islamiques, de la manière la plus stricte. Ces scélérats iniques doivent être assujettis à la capitation et à l’humiliation. Ils doivent être promenés chargés de chaînes et de fers dans toutes les contrées et à toutes les époques afin de manifester la gloire du prophète élu ».
Une abondante et riche iconographie illustre ce livre qui fera date.
Arnold Lagémi
Indonésie : ces familles qui redécouvrent leurs racines juives .
A Manado, des Indonésiens se convertissent au judaïsme hérité de leurs ancêtres, des colons hollandais. Une foi longtemps refoulée qui désormais émerge fièrement avec la bénédiction des autorités, observe le New York Times.
Cadeau des autorités locales, une nouvelle menora de plus de 18 mètres de haut – peut-être la plus grande au monde – se dresse au sommet d’une montagne, au-dessus de Manado. Dans la ville, des drapeaux israéliens flottent sur les stations de motos-taxis et les autorités locales ont achevé le ravalement d’une synagogue construite il y a presque six ans, et de son plafond, orné d’une grande étoile de David.

Longtemps bastion du christianisme et plus récemment de mouvements évangéliques et chrétiens charismatiques, cette région du nord de l’Indonésie est devenue l’improbable foyer d’un sentiment projuif au moment où plusieurs habitants embrassent la foi de leurs ancêtres juifs hollandais. Ayant reçu la bénédiction des autorités locales, les nouveaux convertis se font une petite place dans l’étrange paysage religieux indonésien, foyer de la plus grande population musulmane au monde.
Cette tendance est apparue quand des extrémistes islamistes se radicalisaient, attaquant les minorités chrétienne et autres en Indonésie, et le gouvernement central – craignant de les offenser – ne faisait rien pour les en empêcher. En novembre 2009, des extrémistes, dénonçant les opérations militaires à Gaza entre 2008 et 2009, avaient fait fermer une synagogue vieille d’un siècle à Surabaya, deuxième plus grande ville du pays. Il s’agissait du plus important vestige historique de la discrète communauté juive indonésienne. La synagogue des faubourgs de Manado, financée par des Indonésiens découvrant à peine le judaïsme, est désormais le seul lieu de culte pour les Juifs d’Indonésie. "Nous essayons seulement d’être de bons Juifs", explique Toar Palilingan, 27 ans, qui porte le long manteau noir et le chapeau à large bord des juifs ultraorthodoxes.
L’Indonésie et Israël n’ont pas de relations diplomatiques mais tissent discrètement des liens économiques et militaires depuis plusieurs dizaines d’années. Les hommes d’affaires juifs, d’Israël ou d’ailleurs, viennent de plus en plus régulièrement en Indonésie, à la recherche d’opportunités économiques. Né au Salvador, Moshe Kotel, 47 ans, possède la double nationalité israélienne et américaine. Il vient à Manado tous les ans depuis 2003 et travaille dans le secteur des œufs biologiques. Marié à une femme de la région, Kotel reconnaît qu’il ne s’était jamais senti aussi nerveux que lorsqu’il est arrivé à l’aéroport la première fois. "Mais quand j’ai vu les drapeaux israéliens sur les taxis, je me suis tout de suite senti le bienvenu", ajoute-t-il.
Denny Wowiling, chrétien pentecôtiste, fait observer que les chrétiens et les musulmans ont toujours vécu en paix dans cette région du nord de l’île de Célèbes. Il reconnaît toutefois que "certains craignent d’être pris pour cibles par des gens de l’extérieur". "Le sentiment antijuif a réellement commencé à émerger dans les années 1980 et 1990 à cause du conflit israélo-palestinien", analyse Anthony Reid, spécialiste de l’Asie du Sud-Est à l’Université nationale australienne. A Manado, les descendants de colons juifs hollandais pratiquaient leur foi publiquement avant l’indépendance de l’Indonésie, en 1949. Après cela, ils se sont convertis au christianisme ou à l’islam pour leur sécurité personnelle. "Nous avons demandé à nos enfants de ne jamais parler de nos origines juives, explique Leo van Beugen, 70 ans, éduqué dans la foi catholique. Nos petits-enfants n’en savent rien." Leo van Beugen est le grand-oncle de Toar Paliligan.
C’est seulement dix ans plus tôt, lors d’une discussion agitée sur la Bible et Moïse, que la grand-tante maternelle de Toar Palilingan a laissé échapper le secret des origines juives de la famille. C’est ainsi que Toar Palilingan, maître de conférences en droit à l’université Sam Ratulangi et né d’un père chrétien et d’une mère musulmane – également professeur à l’université –, a appris que sa famille maternelle descendait d’un émigré juif hollandais du XIXe siècle, Elias van Beugen.
Toar Palilingan a pris contact avec le rabbin le plus proche, Mordechai Abergel, émissaire à Singapour du mouvement Chabad Lubavitch de Brooklyn. Toar Palilingan a fait d’"énormes progrès" pour renouer avec ses racines juives, explique le rabbin Abergel, même s’il lui faut encore se convertir pleinement. Membre de ce qu’il appelle le judaïsme "pur" ultraorthodoxe, Toar Palilingan porte parfois l’habit noir et blanc de ses adeptes. "La plupart des Indonésiens n’ont jamais rencontré de Juifs, ils croient que je viens d’Iran ou d’ailleurs", explique-t-il.
Sur les 237 millions d’habitants que compte l’archipel, les Juifs indonésiens ne forment qu’une minuscule communauté composée d’une poignée de fidèles. Durant la colonisation hollandaise, les communautés juives en Indonésie étaient implantées dans les grands cités commerciales, où elles travaillaient souvent dans le secteur immobilier.
Estimé à 2 000 avant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive du pays a chuté à une cinquantaine de membres dans les années 1960. Aujourd’hui, elle compterait à peine une à deux dizaines de personnes. Néanmoins, une tendance projuive a émergé en Indonésie au cours de la dernière décennie, dans la foulée des mouvements chrétiens évangéliques et charismatiques.
Norimitsu Onishi | The New York Times
Cadeau des autorités locales, une nouvelle menora de plus de 18 mètres de haut – peut-être la plus grande au monde – se dresse au sommet d’une montagne, au-dessus de Manado. Dans la ville, des drapeaux israéliens flottent sur les stations de motos-taxis et les autorités locales ont achevé le ravalement d’une synagogue construite il y a presque six ans, et de son plafond, orné d’une grande étoile de David.

Longtemps bastion du christianisme et plus récemment de mouvements évangéliques et chrétiens charismatiques, cette région du nord de l’Indonésie est devenue l’improbable foyer d’un sentiment projuif au moment où plusieurs habitants embrassent la foi de leurs ancêtres juifs hollandais. Ayant reçu la bénédiction des autorités locales, les nouveaux convertis se font une petite place dans l’étrange paysage religieux indonésien, foyer de la plus grande population musulmane au monde.
Cette tendance est apparue quand des extrémistes islamistes se radicalisaient, attaquant les minorités chrétienne et autres en Indonésie, et le gouvernement central – craignant de les offenser – ne faisait rien pour les en empêcher. En novembre 2009, des extrémistes, dénonçant les opérations militaires à Gaza entre 2008 et 2009, avaient fait fermer une synagogue vieille d’un siècle à Surabaya, deuxième plus grande ville du pays. Il s’agissait du plus important vestige historique de la discrète communauté juive indonésienne. La synagogue des faubourgs de Manado, financée par des Indonésiens découvrant à peine le judaïsme, est désormais le seul lieu de culte pour les Juifs d’Indonésie. "Nous essayons seulement d’être de bons Juifs", explique Toar Palilingan, 27 ans, qui porte le long manteau noir et le chapeau à large bord des juifs ultraorthodoxes.
L’Indonésie et Israël n’ont pas de relations diplomatiques mais tissent discrètement des liens économiques et militaires depuis plusieurs dizaines d’années. Les hommes d’affaires juifs, d’Israël ou d’ailleurs, viennent de plus en plus régulièrement en Indonésie, à la recherche d’opportunités économiques. Né au Salvador, Moshe Kotel, 47 ans, possède la double nationalité israélienne et américaine. Il vient à Manado tous les ans depuis 2003 et travaille dans le secteur des œufs biologiques. Marié à une femme de la région, Kotel reconnaît qu’il ne s’était jamais senti aussi nerveux que lorsqu’il est arrivé à l’aéroport la première fois. "Mais quand j’ai vu les drapeaux israéliens sur les taxis, je me suis tout de suite senti le bienvenu", ajoute-t-il.
Denny Wowiling, chrétien pentecôtiste, fait observer que les chrétiens et les musulmans ont toujours vécu en paix dans cette région du nord de l’île de Célèbes. Il reconnaît toutefois que "certains craignent d’être pris pour cibles par des gens de l’extérieur". "Le sentiment antijuif a réellement commencé à émerger dans les années 1980 et 1990 à cause du conflit israélo-palestinien", analyse Anthony Reid, spécialiste de l’Asie du Sud-Est à l’Université nationale australienne. A Manado, les descendants de colons juifs hollandais pratiquaient leur foi publiquement avant l’indépendance de l’Indonésie, en 1949. Après cela, ils se sont convertis au christianisme ou à l’islam pour leur sécurité personnelle. "Nous avons demandé à nos enfants de ne jamais parler de nos origines juives, explique Leo van Beugen, 70 ans, éduqué dans la foi catholique. Nos petits-enfants n’en savent rien." Leo van Beugen est le grand-oncle de Toar Paliligan.
C’est seulement dix ans plus tôt, lors d’une discussion agitée sur la Bible et Moïse, que la grand-tante maternelle de Toar Palilingan a laissé échapper le secret des origines juives de la famille. C’est ainsi que Toar Palilingan, maître de conférences en droit à l’université Sam Ratulangi et né d’un père chrétien et d’une mère musulmane – également professeur à l’université –, a appris que sa famille maternelle descendait d’un émigré juif hollandais du XIXe siècle, Elias van Beugen.
Toar Palilingan a pris contact avec le rabbin le plus proche, Mordechai Abergel, émissaire à Singapour du mouvement Chabad Lubavitch de Brooklyn. Toar Palilingan a fait d’"énormes progrès" pour renouer avec ses racines juives, explique le rabbin Abergel, même s’il lui faut encore se convertir pleinement. Membre de ce qu’il appelle le judaïsme "pur" ultraorthodoxe, Toar Palilingan porte parfois l’habit noir et blanc de ses adeptes. "La plupart des Indonésiens n’ont jamais rencontré de Juifs, ils croient que je viens d’Iran ou d’ailleurs", explique-t-il.
Sur les 237 millions d’habitants que compte l’archipel, les Juifs indonésiens ne forment qu’une minuscule communauté composée d’une poignée de fidèles. Durant la colonisation hollandaise, les communautés juives en Indonésie étaient implantées dans les grands cités commerciales, où elles travaillaient souvent dans le secteur immobilier.
Estimé à 2 000 avant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive du pays a chuté à une cinquantaine de membres dans les années 1960. Aujourd’hui, elle compterait à peine une à deux dizaines de personnes. Néanmoins, une tendance projuive a émergé en Indonésie au cours de la dernière décennie, dans la foulée des mouvements chrétiens évangéliques et charismatiques.
Norimitsu Onishi | The New York Times
Claims Conference Obtains Double Funds from Germany for 2011
Claims Conference Obtains Additional
Social Aid Funding from Germany for 2011:
$145 Million to Help Holocaust Victims in 32 Countries
Roman Kent of the negotiating delegation and Claims Conference Treasurer said, "For homebound Nazi victims around the world, many suffering from serious illness, homecare is a vital lifeline. With Claims Conference funding, Holocaust victims receive the care they need to continue living in their own homes."
The Claims Conference has negotiated a historic agreement with the German government to provide €110 million (approximately $145 million) in 2011 for vital homecare services for Jewish Holocaust victims living around the world.
This is double the amount that the Claims Conference negotiated for 2010 and is the largest single amount ever negotiated for homecare for Holocaust victims. With restitution-related sources of funding on the decline, this agreement obtained by the Claims Conference is vital to addressing the growing social welfare needs of aging Holocaust survivors.
The Claims Conference will allocate the German government money worldwide to agencies in 32 countries that provide in-home nursing and vital help with basic activities of daily living such as eating, dressing, bathing, and other services that greatly ease the lives of elderly Holocaust victims and enable them to remain living in their own homes.
"We congratulate the government of Germany for recognizing its historic responsibility to Jewish Holocaust victims, whose advancing age has brought increased hardship to many," said Ambassador Stuart Eizenstat, Claims Conference Special Negotiator. "In their final years, survivors who need care and services should not have to fear that they will be forgotten. Germany has been exemplary in facing its past, and the government has demonstrated its commitment to alleviating the plight of elderly victims who need the care that these funds will provide."
"With Holocaust victims all now elderly, the Claims Conference is dedicated to bringing them comfort, care, and dignity," said Chairman Julius Berman. "Our top priority is to continue obtaining funding to assist them in their final years. Aging Holocaust victims must know that the Claims Conference will work tirelessly on their behalf as long as needed."
The Claims Conference negotiating delegation comprises Special Negotiator Amb. Stuart Eizenstat; Holocaust survivor leaders Roman Kent, Ben Helfgott, Noach Flug, and Marian Turski; Rabbi Andrew Baker and Amb. Reuven Merhav; and Claims Conference Executive Vice President Greg Schneider and Special Consultant Saul Kagan.
Since 1995, the Claims Conference has been the foremost organization in the world in identifying and addressing the unique social welfare and health needs of Jewish victims of Nazism. In addition to the funds obtained from the German government, the Claims Conference allocates funds from various restitution-related sources, including the recovery of unclaimed Jewish property in the former East Germany; agreements with the governments of Austria and Hungary; the Swiss Banks Settlement; and the Harry and Jeanette Weinberg Foundation.
For 2011, in total, the Claims Conference is allocating approximately $270 million for services to Nazi victims in 46 countries. Services from other sources of allocations include hunger relief, medical aid, winter assistance, transportation, help in applying for government benefits, and socialization opportunities to relieve loneliness.
Since 2004, the Claims Conference has negotiated with the German government for homecare funding, obtaining increased amounts each year. This agreement is the result of sustained efforts over 18 months by the Claims Conference negotiating delegation and staff.
The Conference on Jewish Material Claims Against Germany (Claims Conference) represents world Jewry in negotiating for compensation and restitution for victims of Nazi persecution and their heirs. The Claims Conference administers compensation funds, recovers unclaimed Jewish property, and allocates funds to institutions that provide social welfare services to Holocaust survivors and preserve the memory and lessons of the Shoah.
For more information: www.claimscon.org
Social Aid Funding from Germany for 2011:
$145 Million to Help Holocaust Victims in 32 Countries
Roman Kent of the negotiating delegation and Claims Conference Treasurer said, "For homebound Nazi victims around the world, many suffering from serious illness, homecare is a vital lifeline. With Claims Conference funding, Holocaust victims receive the care they need to continue living in their own homes."
The Claims Conference has negotiated a historic agreement with the German government to provide €110 million (approximately $145 million) in 2011 for vital homecare services for Jewish Holocaust victims living around the world.
This is double the amount that the Claims Conference negotiated for 2010 and is the largest single amount ever negotiated for homecare for Holocaust victims. With restitution-related sources of funding on the decline, this agreement obtained by the Claims Conference is vital to addressing the growing social welfare needs of aging Holocaust survivors.
The Claims Conference will allocate the German government money worldwide to agencies in 32 countries that provide in-home nursing and vital help with basic activities of daily living such as eating, dressing, bathing, and other services that greatly ease the lives of elderly Holocaust victims and enable them to remain living in their own homes.
"We congratulate the government of Germany for recognizing its historic responsibility to Jewish Holocaust victims, whose advancing age has brought increased hardship to many," said Ambassador Stuart Eizenstat, Claims Conference Special Negotiator. "In their final years, survivors who need care and services should not have to fear that they will be forgotten. Germany has been exemplary in facing its past, and the government has demonstrated its commitment to alleviating the plight of elderly victims who need the care that these funds will provide."
"With Holocaust victims all now elderly, the Claims Conference is dedicated to bringing them comfort, care, and dignity," said Chairman Julius Berman. "Our top priority is to continue obtaining funding to assist them in their final years. Aging Holocaust victims must know that the Claims Conference will work tirelessly on their behalf as long as needed."
The Claims Conference negotiating delegation comprises Special Negotiator Amb. Stuart Eizenstat; Holocaust survivor leaders Roman Kent, Ben Helfgott, Noach Flug, and Marian Turski; Rabbi Andrew Baker and Amb. Reuven Merhav; and Claims Conference Executive Vice President Greg Schneider and Special Consultant Saul Kagan.
Since 1995, the Claims Conference has been the foremost organization in the world in identifying and addressing the unique social welfare and health needs of Jewish victims of Nazism. In addition to the funds obtained from the German government, the Claims Conference allocates funds from various restitution-related sources, including the recovery of unclaimed Jewish property in the former East Germany; agreements with the governments of Austria and Hungary; the Swiss Banks Settlement; and the Harry and Jeanette Weinberg Foundation.
For 2011, in total, the Claims Conference is allocating approximately $270 million for services to Nazi victims in 46 countries. Services from other sources of allocations include hunger relief, medical aid, winter assistance, transportation, help in applying for government benefits, and socialization opportunities to relieve loneliness.
Since 2004, the Claims Conference has negotiated with the German government for homecare funding, obtaining increased amounts each year. This agreement is the result of sustained efforts over 18 months by the Claims Conference negotiating delegation and staff.
The Conference on Jewish Material Claims Against Germany (Claims Conference) represents world Jewry in negotiating for compensation and restitution for victims of Nazi persecution and their heirs. The Claims Conference administers compensation funds, recovers unclaimed Jewish property, and allocates funds to institutions that provide social welfare services to Holocaust survivors and preserve the memory and lessons of the Shoah.
For more information: www.claimscon.org
Tefillin Sparks Panic on New Zealand Ferry
by Yated Ne'eman Staff
An Israeli tourist who laid tefillin set off a panic during a ferry ride. He was suspected of strapping on explosives and security personnel were quickly summoned. The man was arrested with his companions and released after questioning. A local policeman noted that the tourist did not conduct himself in a manner that threatened the public safety, but a decision was made not to take any chances and to call in a special anti-terror squad.

The incident was a result of "an unfortunate overreaction," said New Zealand race relations commissioner, Joris de Bres. "This is just a reminder that you have to stop and think before jumping to conclusions."
The arrest of Jews laying tefillin in public places is not a rarity. One month ago a Jew was stopped on a flight from New York to Boston when he refused to answer the flight captain's questions because he was in the middle of Shemoneh Esrei. One year ago a large number of security personnel were summoned to Philadelphia International Airport following a similar incident.
In Jordan, the government doesn't take chances: Israelis are not permitted to bring tefillin into the kingdom at all.
An Israeli tourist who laid tefillin set off a panic during a ferry ride. He was suspected of strapping on explosives and security personnel were quickly summoned. The man was arrested with his companions and released after questioning. A local policeman noted that the tourist did not conduct himself in a manner that threatened the public safety, but a decision was made not to take any chances and to call in a special anti-terror squad.

The incident was a result of "an unfortunate overreaction," said New Zealand race relations commissioner, Joris de Bres. "This is just a reminder that you have to stop and think before jumping to conclusions."
The arrest of Jews laying tefillin in public places is not a rarity. One month ago a Jew was stopped on a flight from New York to Boston when he refused to answer the flight captain's questions because he was in the middle of Shemoneh Esrei. One year ago a large number of security personnel were summoned to Philadelphia International Airport following a similar incident.
In Jordan, the government doesn't take chances: Israelis are not permitted to bring tefillin into the kingdom at all.
Pièce en deux actes et un trou
Pièce en deux actes et un trou
PREMIER ACTE - VARSOVIE
Je suis né à Varsovie il y a très longtemps. J’ai oublié. Je ne me souviens pas de grand’chose sauf qu’il y avait beaucoup de bruit et beaucoup de personnes.
Quand j’ai eu trois ans, nous sommes partis habiter la France.
Terre d’accueil nous avait-on dit.
Je suis retourné à Varsovie avec ma mère lorsque j’ai eu dix ans. J’y ai retrouvé beaucoup de bruit et beaucoup de personnes. Mes grands parents maternels, les deux frères de ma mère et quatre de ses sœurs. Nous y sommes restés quinze jours, et je suis revenu en France, vêtu d’un uniforme d’officier polonais pour enfants que m’avait offert mon plus jeune oncle, très patriote.
Puis vint la guerre en 1939, la Pologne envahie et Varsovie occupée par les Allemands. Ma maison natale ainsi que toutes les maisons qui l’entouraient devint le « ghetto ». Réservé aux juifs uniquement. Plus tard les habitants du ghetto se révoltèrent et les allemands l’incendièrent. Tous les membres de ma famille ont été assassinés ou déportés. On ne sait rien de précis, sauf qu’il n’en reste pas un seul. Puis à la fin de la guerre les polonais rasèrent tout ce qui
restait du ghetto. Le rasèrent au ras des pavés. Il ne reste plus rien de ma maison natale, sauf peut-être une plaque commémorative. Je ne suis pas allé voir. Ça ne m’intéresse pas, les plaques commémoratives.
Il me reste les photos de toute ma famille de Varsovie. Je ne les ai pas regardées souvent. C’est loin tout ça, j’ai de nouveau oublié. Et puis je peux vivre sans.
Je n’ai plus de maison natale.
J’ai oublié Varsovie.
Fin du premier Acte
DEUXIEME ACTE – AUSCHWITZ
Fin 1943, ma terre d ‘accueil m’a laissé déporter vers une autre terre d’accueil appelée Auschwitz. Plus précisément Auschwitz III appelé Monowitz.
En fait il y avait trois Auschwitz : Auschwitz I, le camp principal (là où on arrivait et où se trouvait la fameuse rampe ) Auschwitz II, appelé Birkenau et Auschwitz III appelé Monowitz.
Je ne vais pas vous raconter ce qu’a été ma déportation. Ni mes souffrances physiques ni morales.Tout le monde sait cela, ou presque tout le monde. Le souvenir de cela s’appelle « Shoah » et l’entretien de ce souvenir c’est ce qui porte le nom de « Mémoire » On parle beaucoup de cette Mémoire, maintenant, à laquelle il est de bon ton de s’atteler. (et de bon temps …) Beaucoup de pélerinages ont été organisés vers ces camps, mais plus du tout vers Monowitz, parce que s’il reste encore beaucoup à voir à Auschwitz I et à Auschwitz II, il ne reste plus rien à Auschwitz III
Plus rien du tout. Les Polonais ont tout rasé au ras des pâquerettes, pardon... au ras des betteraves. Tout comme ils avaient tout rasé du ghetto, ils ont tout rasé à Monowitz. Si je veux aller « pélerinager » à Monowitz je ne verrais plus qu’un immense champ de betteraves. Que voulez-vous que je fasse devant un champ de betteraves ? Vous avez déjà vu quelqu’un se recueillir devant un champ de betteraves ? Même Millet n’y avait pas pensé quand il a peint l’Angélus.
Mais les Polonais y ont cru. Mais qu’est-ce que je vais faire maintenant ? J’y tenais beaucoup à mon Monowitz. C’est curieux, allez-vous dire. Est-ce que vous croyez qu’on puisse être si attaché à un endroit où l’on a tant souffert ? Masochisme allez-vous dire, …pas du tout. J’étais intimement relié à Monowitz par des liens charnels et moraux, par tous les amis que j’ai perdu parmi toutes ces betteraves, par toutes ces heures et ces journées que j’ai passées à penser aux miens, à ma liberté perdue et à l’espoir de la retrouver. Alors, qu’est-ce-que je vais faire de toutes ces betteraves ?
C’est sûrement à cause d’elles qu’on parle de moins en moins de Monowitz, oui, ça doit être à cause de cela. Mais attention ! ils sont malins les Polonais, c’est un bon truc ça, et dans quelques années, ils vont semer plein de betteraves à Auschwitz I et Auschwitz II, et hop ! terminé, plus d’Auschwitz I et II. Rien que des betteraves et plus de pélerinages . Tout comme ce maire nazi en Bavière, qui juste après la fin de la guerre se servait de cadavres de déportés que les SS n’avaient pas eu le temps de brûler, comme engrais pour ses champs de blé ! C’est connu, ça, et j’ai encore l’article qui a paru dans les journaux à l’époque.
Allez manger du bon pain en Allemagne, fabriqué aux engrais de déportés !
Bon, Monowitz n’existe plus. Je vais devoir vivre sans, tout comme avec ma maison natale de Varsovie.
Il faudra bien.
Je vais devoir oublier Monowitz tout comme j’ai oublié Varsovie…
Fin du deuxième Acte.
TROISIEME ACTE - LE TROU
J’ai acheté un trou.
Un grand trou.
Et je me marre….
J’ai acheté un trou dans un cimetière. Sinon, je me serais fait incinérer, mais comme j’ai déjà échappé une première fois au four crématoire, je ne vais pas tenter le diable. Et puis, bien que je ne sois plus croyant, c’est encore un de ces sacrements, si l’on peut appeler ça ainsi, qui m’est resté dans la mémoire, parce que c’est interdit chez nous.
Et je n’aime pas cette notion de destruction par le feu, cela ferait beaucoup de peine à tous les miens, et ça ferait peut-être plaisir aux mânes des SS des camps de tous les Auschwitz.
Et je veux aussi respecter la volonté de ma femme et de mes enfants.
Je ne peux pas aller me recueillir à Varsovie. Je ne peux pas aller me recueillir à Monowitz, alors je vais leur jouer un bon tour… à tous ceux qui ont tout détruit, en donnant la possibilité aux miens et à ceux qui le voudront bien, de venir me dire un petit bonjour.
Et là, il faudra bien mettre une petite plaque commémorative. Et si je veux y faire graver que je suis né à Varsovie, je peux. Et si je veux y faire graver que j’ai vécu à Monowitz, je peux.

J’ai acheté ce trou à Mont-de-Marsan, pour être tout près de l’endroit où reposeront plus tard (le plus tard possible) d'autres membres de ma famille.
Comme ça je ne serai pas tout seul.
Et je me marre…
Parce que là, quelle revanche je prends sur tous ceux qui ont détruit ma maison natale, ma famille de Varsovie, et mon Monowitz, en ne me détruisant pas moi, pour que pendant un petit temps encore, je puisse rester avec les miens.
C’était pas une bonne idée, ça ?
Fin du Troisième Acte
Serge Smulevic
Anglet, le 28 janvier 2003.
Dédié à mon grand Ami, Dominique Natanson.
PREMIER ACTE - VARSOVIE
Je suis né à Varsovie il y a très longtemps. J’ai oublié. Je ne me souviens pas de grand’chose sauf qu’il y avait beaucoup de bruit et beaucoup de personnes.
Quand j’ai eu trois ans, nous sommes partis habiter la France.
Terre d’accueil nous avait-on dit.
Je suis retourné à Varsovie avec ma mère lorsque j’ai eu dix ans. J’y ai retrouvé beaucoup de bruit et beaucoup de personnes. Mes grands parents maternels, les deux frères de ma mère et quatre de ses sœurs. Nous y sommes restés quinze jours, et je suis revenu en France, vêtu d’un uniforme d’officier polonais pour enfants que m’avait offert mon plus jeune oncle, très patriote.
Puis vint la guerre en 1939, la Pologne envahie et Varsovie occupée par les Allemands. Ma maison natale ainsi que toutes les maisons qui l’entouraient devint le « ghetto ». Réservé aux juifs uniquement. Plus tard les habitants du ghetto se révoltèrent et les allemands l’incendièrent. Tous les membres de ma famille ont été assassinés ou déportés. On ne sait rien de précis, sauf qu’il n’en reste pas un seul. Puis à la fin de la guerre les polonais rasèrent tout ce qui
restait du ghetto. Le rasèrent au ras des pavés. Il ne reste plus rien de ma maison natale, sauf peut-être une plaque commémorative. Je ne suis pas allé voir. Ça ne m’intéresse pas, les plaques commémoratives.
Il me reste les photos de toute ma famille de Varsovie. Je ne les ai pas regardées souvent. C’est loin tout ça, j’ai de nouveau oublié. Et puis je peux vivre sans.
Je n’ai plus de maison natale.
J’ai oublié Varsovie.
Fin du premier Acte
DEUXIEME ACTE – AUSCHWITZ
Fin 1943, ma terre d ‘accueil m’a laissé déporter vers une autre terre d’accueil appelée Auschwitz. Plus précisément Auschwitz III appelé Monowitz.
En fait il y avait trois Auschwitz : Auschwitz I, le camp principal (là où on arrivait et où se trouvait la fameuse rampe ) Auschwitz II, appelé Birkenau et Auschwitz III appelé Monowitz.
Je ne vais pas vous raconter ce qu’a été ma déportation. Ni mes souffrances physiques ni morales.Tout le monde sait cela, ou presque tout le monde. Le souvenir de cela s’appelle « Shoah » et l’entretien de ce souvenir c’est ce qui porte le nom de « Mémoire » On parle beaucoup de cette Mémoire, maintenant, à laquelle il est de bon ton de s’atteler. (et de bon temps …) Beaucoup de pélerinages ont été organisés vers ces camps, mais plus du tout vers Monowitz, parce que s’il reste encore beaucoup à voir à Auschwitz I et à Auschwitz II, il ne reste plus rien à Auschwitz III
Plus rien du tout. Les Polonais ont tout rasé au ras des pâquerettes, pardon... au ras des betteraves. Tout comme ils avaient tout rasé du ghetto, ils ont tout rasé à Monowitz. Si je veux aller « pélerinager » à Monowitz je ne verrais plus qu’un immense champ de betteraves. Que voulez-vous que je fasse devant un champ de betteraves ? Vous avez déjà vu quelqu’un se recueillir devant un champ de betteraves ? Même Millet n’y avait pas pensé quand il a peint l’Angélus.
Mais les Polonais y ont cru. Mais qu’est-ce que je vais faire maintenant ? J’y tenais beaucoup à mon Monowitz. C’est curieux, allez-vous dire. Est-ce que vous croyez qu’on puisse être si attaché à un endroit où l’on a tant souffert ? Masochisme allez-vous dire, …pas du tout. J’étais intimement relié à Monowitz par des liens charnels et moraux, par tous les amis que j’ai perdu parmi toutes ces betteraves, par toutes ces heures et ces journées que j’ai passées à penser aux miens, à ma liberté perdue et à l’espoir de la retrouver. Alors, qu’est-ce-que je vais faire de toutes ces betteraves ?
C’est sûrement à cause d’elles qu’on parle de moins en moins de Monowitz, oui, ça doit être à cause de cela. Mais attention ! ils sont malins les Polonais, c’est un bon truc ça, et dans quelques années, ils vont semer plein de betteraves à Auschwitz I et Auschwitz II, et hop ! terminé, plus d’Auschwitz I et II. Rien que des betteraves et plus de pélerinages . Tout comme ce maire nazi en Bavière, qui juste après la fin de la guerre se servait de cadavres de déportés que les SS n’avaient pas eu le temps de brûler, comme engrais pour ses champs de blé ! C’est connu, ça, et j’ai encore l’article qui a paru dans les journaux à l’époque.
Allez manger du bon pain en Allemagne, fabriqué aux engrais de déportés !
Bon, Monowitz n’existe plus. Je vais devoir vivre sans, tout comme avec ma maison natale de Varsovie.
Il faudra bien.
Je vais devoir oublier Monowitz tout comme j’ai oublié Varsovie…
Fin du deuxième Acte.
TROISIEME ACTE - LE TROU
J’ai acheté un trou.
Un grand trou.
Et je me marre….
J’ai acheté un trou dans un cimetière. Sinon, je me serais fait incinérer, mais comme j’ai déjà échappé une première fois au four crématoire, je ne vais pas tenter le diable. Et puis, bien que je ne sois plus croyant, c’est encore un de ces sacrements, si l’on peut appeler ça ainsi, qui m’est resté dans la mémoire, parce que c’est interdit chez nous.
Et je n’aime pas cette notion de destruction par le feu, cela ferait beaucoup de peine à tous les miens, et ça ferait peut-être plaisir aux mânes des SS des camps de tous les Auschwitz.
Et je veux aussi respecter la volonté de ma femme et de mes enfants.
Je ne peux pas aller me recueillir à Varsovie. Je ne peux pas aller me recueillir à Monowitz, alors je vais leur jouer un bon tour… à tous ceux qui ont tout détruit, en donnant la possibilité aux miens et à ceux qui le voudront bien, de venir me dire un petit bonjour.
Et là, il faudra bien mettre une petite plaque commémorative. Et si je veux y faire graver que je suis né à Varsovie, je peux. Et si je veux y faire graver que j’ai vécu à Monowitz, je peux.
J’ai acheté ce trou à Mont-de-Marsan, pour être tout près de l’endroit où reposeront plus tard (le plus tard possible) d'autres membres de ma famille.
Comme ça je ne serai pas tout seul.
Et je me marre…
Parce que là, quelle revanche je prends sur tous ceux qui ont détruit ma maison natale, ma famille de Varsovie, et mon Monowitz, en ne me détruisant pas moi, pour que pendant un petit temps encore, je puisse rester avec les miens.
C’était pas une bonne idée, ça ?
Fin du Troisième Acte
Serge Smulevic
Anglet, le 28 janvier 2003.
Dédié à mon grand Ami, Dominique Natanson.
La Fête de Chanukkah 5771 chez quelques Cours Chassidiques
Chez le Rebbe de Munkatch.
Le Rebbe de Skver brûlant les mèches de la Chanukkiah durant la 8ième nuit de la Fête.
Le Skulener Rebbe s'adresse à ses Chassidim (1).
Le Skulener Rebbe s'adresse à ses Chassidim (2).
Les enfants attendant le Chnukkah Gelt de la main du Rebbe de Slonim.
The Kavunas Halev RebbeCourtoisie de http://www.theyeshivaworld.com/
La Fête de Chanukka 2010/5771 dans le monde
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