Bonjour,

Le site "Mémoires juives", outre mes travaux sur les origines de la solution finale, est ma contribution à la Mémoire. Je dois beaucoup à Madame Sarah HALPERIN Z"AL du C.D.J.C (aujourd'hui le Mémorial de la Shoah à Paris) - Shmuel LEMARTELEUR, octobre 2011 -

La culture et les sciences ne suffisent pas à nourrir un homme. Donc, l'association Cercle d'Etudes Historiques du Marais, CEH MARAIS œuvre pour la diffusion des Mémoires juives et la bienfaisance. 75 miraculés de la solution finale quittent ce monde chaque jour. Il subsiste 400.000 Juifs survivants dont 190.000 en Israël. Beaucoup ne mangent pas à leur faim. Fidèle à la parole de David Ben Gourion qui s'engagea afin qu'aucun survivant n'ait à manquer de rien jamais, CEH MARAIS soutient financièrement et assiste le mieux possible les enfants cachés et les rescapés de la solution finale. Un reçu Cerfa vous sera adressé en retour. FAIRE UN DON

27 janv. 2011

Un monde moderne et d’anciennes prophéties. Quand les choses deviennent évidentes.

par Rochel Holzkenner

Au 19ème siècle et pendant une bonne partie du 20ème, la guerre était un sport international. Les invasions et l’impérialisme étaient franc-jeu. La victoire revenait au plus fort. En Europe, la paix était maintenue par un délicat équilibre des pouvoirs, et lorsque cet équilibre vacillait, le carnage éclatait. La Première Guerre mondiale fit 15 millions de morts, pour des questions de pouvoir et de territoire. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le bilan était de 78 millions de morts.

Il devint évident que la guerre n’était qu’une option de dernier ressortPourtant, en 1990, lorsque Saddam Hussein envahit le Koweït pour résoudre les problèmes financiers de l’Irak, le monde s’en indigna. Ce genre de démarche était définitivement passé de mode. Quelque chose avait changé dans notre perception morale.

Les Nations Unies ont fourni un nouveau moyen de résoudre les conflits. Établies en 1945, elles ont pour but de constituer un espace de dialogue entre les nations et de minimiser la nécessité du recours à la guerre. Alors que depuis des temps immémoriaux, la guerre avait constitué la manière naturelle de régler les conflits, il était désormais évident que la guerre n’était qu’une option de dernier ressort.

Le Rabbi de Loubavitch évoqua la création des Nations Unies comme annonciatrice de l’ère messianique. Il fit remarquer que, sur le mur faisant face à leur quartier général, sont gravés les mots « Et ils transformeront leurs épées en socs de charrue... », un verset de la prophétie d’Isaïe décrivant l’ère messianique. Le monde a été raffiné, dit le Rabbi, au point où la paix et la bienfaisance envers les nécessiteux sont devenues des nécessités évidentes dans la mentalité de la plupart de gens.

En février 1992, une conférence eut lieu aux Nations Unies qui réunissait les représentants de nombreuses grandes puissances. À l’issue de cette conférence, les chefs d’État résolurent de diminuer leurs dépenses militaires et de réaffecter ces ressources à la production alimentaire. De nouveau, le Rabbi souligna cette manifestation très concrète de la prophétie d’Isaïe, la transformation d’« épées » en « socs de charrue ». Et la prophétie continue de se réaliser. Des satellites conçus pour espionner l’ennemi depuis l’espace sont maintenant utilisés pour détecter les ressources souterraines et ainsi développer l’agriculture dans de nouveaux territoires. Des millions de dollars de budget pour la recherche en matière de défense sont désormais consacrés à adapter les technologies militaires à des usages civils et commerciaux.

C’est tellement évident. Pourtant, cette idée qui apparaît aujourd’hui tellement sensée semblait jadis irrationnelle.


La Torah fait allusion à l’évolution de l’éthique dans le premier verset de la paracha de Michpatim, qui traite de nombreux commandements divins rationnels.

D.ieu dit à Moïse :

« Et ceux-ci sont les préceptes que tu placeras devant eux. »

Le Midrache (cité par Rachi) délivre un enseignement basé sur les deux premiers mots de ce verset, « Et ceux-ci » :

« Partout où il est écrit : “et ceux-ci”, le texte implique un ajout à ce qui précède. De même que ce qui précède [les Dix Commandements] fut proclamé au Sinaï, ceux-là aussi furent proclamés au Sinaï. »

Il a façonné nos esprits de sorte qu’ils puissent comprendre une partie de Sa volonté et pas l’autreLa Torah inclut un « et » apparemment superflu pour souligner que ces préceptes rationnels furent également donnés au Sinaï. En d’autres termes, de peur que l’on s’imagine que ces lois sont un code d’éthique engendré par quelque conscience humaine, D.ieu précise qu’elles sont bien d’origine divine, tout autant que les lois « irrationnelles ». La seule différence est que D.ieu nous a fait la grâce de pouvoir saisir la raison de ces mitsvot, alors que la compréhension d’autres mitsvot nous est refusée.

Nous supposons naturellement que les rites du Judaïsme sont soit rationnels, comme donner la charité ou respecter ses parents, soit irrationnels, comme manger cachère ou s’immerger dans un bain rituel. Mais ici D.ieu remet en question nos idées reçues. « Ceux-ci aussi viennent du Sinaï » : toutes les mitsvot émanent d’une même source, la volonté et la sagesse de D.ieu. Il a façonné nos esprits de sorte qu’ils puissent comprendre une partie de Sa volonté et pas l’autre. Cette dernière, Il nous demande de l’accomplir parce que nous L’aimons, pas parce que nous Le comprenons.

Mais à mesure que nous progressons dans le continuum temporel et que nous approchons de l’ère messianique, nos esprits sont de plus en plus en phase avec la sagesse divine. Sa volonté nous apparaît de plus en plus naturelle. Par exemple, D.ieu nous dit de respecter les frontières, mais depuis toujours, les empires ont annexé des nations plus faibles dans leur désir d’hégémonie. Tel était la règle du jeu politique. Mais aujourd’hui, si un pays tente ce genre d’aventure, l’ONU envoie une armée en mission de maintien de la paix pour tenir en respect l’agresseur.

D.ieu demande d’aider ceux qui sont dans le besoin. Mais au cours de l’histoire, cette notion a toujours semblé absurde. Pourquoi devrions-nous investir nos ressources durement gagnées dans un autre pays où cela ne nous sera d’aucun bénéfice ? Qu’ils s’occupent eux-mêmes de leurs problèmes ! Et pourtant, aujourd’hui, c’est devenu presque instinctif : quelqu’un d’autre souffre, je dois ouvrir mon porte-monnaie. Après le tremblement de terre dévastateur en Haïti en janvier dernier, de nombreuses nations ont envoyé des centaines de sauveteurs et de militaires. Les États-Unis ont envoyé des milliers de soldats et promis 100 millions de dollars d’aide. En tout, c’est plus d’un milliard de dollars qui ont été promis par de nombreux pays. La mission de secours israélienne a couté à son gouvernement 40 millions de shekels. Des entreprises et des personnes privées ont aussi donné des millions aux diverses institutions caritatives impliquées en Haïti.

Aurait-on vu une réaction comparable il y a deux siècles, ou même seulement un siècle ?

Le Rabbi a dit que nous sommes au seuil d’un changement global, et bientôt le monde deviendra un endroit merveilleux. Et nous faisons avancer ce processus en faisant du bien aujourd’hui. C’est tellement évident.
Courtoisie de fr.chabad.org

26 janv. 2011

La Suisse et la spoliation des oeuvres d'art entre 1933 et 1945

Swiss museums can and should more intensively investigate whether they may hold artworks looted during the Nazi era, according to a just-published Swiss government report.
Claims Conference discussions with the Swiss government about the country's progress on researching looted art prompted authorities to undertake this groundbreaking report.
The Swiss Federal Office of Culture published the "FDHA/FDFA Report on the State of Work on Looted Art during the National Socialist Era, in particular, on the subject of provenance research." The report, available at www.bak.admin.ch, summarizes the results of a survey of 551 Swiss museums on the state of provenance research as well as the outcome of the 2009 Holocaust Era Assets Conference in Prague.
In 2008, the Claims Conference and World Jewish Restitution Organization (WJRO), in advance of the Prague Conference, turned to the governments of 20 of the 44 countries that had signed the 1998 Washington Conference Principles on Nazi-Confiscated Art to assess their progress in implementing those guidelines. As a consequence, the Swiss Federal Council commissioned a government survey of 551 museums on the issue of provenance research, undertaken in cooperation with canton authorities and museum associations.
The report emerging from the survey found that information and awareness of the issue of Nazi-looted art should be improved in public and private museums; that museums need to intensify provenance research; and that access to the results of provenance research as well as to relevant archives should be simplified.
Of the 416 museums that responded to the survey, 25 museums stated that works in the possession of their institutions may be affected by the issue of Nazi-looted art and 43 museums reported that they had undertaken provenance research on works owned by their institutions regarding the problem of Nazi-looted art. Eight additional museums answered to some extent on the question of provenance research conducted.
"One can conclude that awareness of the problem of Nazi-looted art does exist at a number of larger art museums with internationally oriented collection activities. At the same, this awareness has not developed among all museums and there is still need for information and to raise awareness on the issue of looted art," the report stated. "108 indicated that they have not conducted any provenance research, since their museums were only established after 1945. Yet this argument fails to take into account the fact that risks exist to this day of acquiring looted art either through purchase or as a donation, especially if provenance is not or only superficially clarified."
"The systematic processing of the issue of Nazi-looted art is more difficult without publicly accessible inventories. As a result, there is a need to conduct provenance research in a systematic manner and, in particular, to make the results generally accessible, with the Internet playing an especially important role. An Internet platform can, for example, ensure access to the results of provenance research," the report continues.
Prior to the 2009 Prague conference, the Claims Conference and WJRO issued a report on international efforts on looted art that cited Switzerland as among those countries that had made substantial progress over the decade since the Washington Conference. At the end of the Prague Conference, Switzerland was one of 47 countries that signed the Terezin Declaration, which included a commitment to continue working on this issue.
Over the past year, the Claims Conference has made public several initiatives to push the issue of art restitution, including digitizing and posting online the Nazi records of more than 20,000 individual art objects looted from French and Belgian Jews, and the online publication of hundreds of thousands of pages of Nazi documents relating to art theft that are in the state archive in Kiev, Ukraine. More information is at www.claimscon.org/art.

The Conference on Jewish Material Claims Against Germany (Claims Conference) represents world Jewry in negotiating for compensation and restitution for victims of Nazi persecution and their heirs. The Claims Conference administers compensation funds, recovers unclaimed Jewish property, and allocates funds to institutions that provide social welfare services to Holocaust survivors and preserve the memory and lessons of the Shoah.
For more information: www.claimscon.org


Pour accéder à plus d'informations, rendez-vous sur le lien suivant: http://www.cehmarais.com/Livres-et-documents.html

22 janv. 2011

La loi favorise les Juifs en Pologne... En 1264

Juifs polonais en costume traditionnel au 15ième siècle

En 1264, le prince BOLESLAW, "le Pieux de Kalisz", édicte une charte favorable aux Juifs de son domaine. Ce document, connu sous le nom de "Statut de Kalisz", place les Juifs sous la protection royale et les exonère des obligations fiscales.
Le "Statut de Kalisz" reprend notamment certaines chartes autrichiennes, hongroises et bohémiennes. Toutefois, il sera le principale source lorsqu'il s'agira de dresser un nouveau statut pour la population juive dans le royaume de la Pologne réunifiée au 14ième siècle.
Parmi les différents articles de ce "Statut de Kalisz", on peut retenir que celui qui accuse un Juif de "crime rituel" subira la peine que le Juif aurait du subir si les faits avaient été avérés.
De plus, les Juifs peuvent acheter et vendre ce qu'ils souhaitent sur les marchés et toucher le pain des chrétiens. Quiconque les en empêcherait sera soumis au paiement d'une amende.

Sur un fil


Le Maître chassidique, Rabbi Chaïm de Krosno observait un acrobate se balançant sur un fil, très haut au-dessus du sol. Il dit à ses disciples:"Si cet homme pensait, un instant, à l'argent qu'il gagnera avec son numéro plutôt que de se concentrer sur son fil, il ferait certainement une erreur fatale..."
Et le Rabbi de conclure:"Ne devrions-nous pas nous concentrer dans notre service de D' de la même manière?"

20 janv. 2011

Recrudescence de l'antisémitisme au Canada



Dans la nuit du 15 et 16 janvier 2011, quatre synagogues, une garderie et une école de la communauté juive de Montréal, dans les quartiers résidentiels de Hampstead et Côte-Saint-Luc ont été la cible de vandales. Ils ont brisé des fenêtres de ces établissements.. La police évoque "des crimes haineux", étant donné que les endroits ont été ciblés, et visiblement choisis parce qu’appartenant à la communauté juive. (Guysen.International.News)
« Ces violences suscitent une vive émotion dans la communauté juive, car elles rappellent les attaques subies contre des institutions communautaires en septembre 2006 et avril 2007 » a déclaré le président du Congrès juif québécois, Me Adam Atlas. (CRIF)
« En pleine période de magasinage des fêtes (2010), un commerçant montréalais se dit harcelé par un groupe de manifestants anti-israéliens auquel s'associe son propre député, Amir Khadir, qui lui reproche de vendre quelques paires de souliers fabriqués en Israël.
...Yves Archambault n'a pourtant rien d'un militant sioniste israélien. Son crime, aux yeux d'Amir Khadir et des organismes anti-israéliens, est de vendre quelques modèles de souliers d'une marque israélienne, parmi les centaines de souliers dans sa boutique.
Les manifestations devant son commerce ont commencé au mois d'octobre dernier. C'est un petit groupe, nommé Palestiens et Juifs unis (PAJU), qui les organise dans le cadre d'une campagne plus vaste, appelée Boycott Désengagement Sanctions (BSD).


À Montréal, la campagne de boycott a aussi visé les magasins La Baie, Mountain Coop Equipment et Chapters/Indigo, mais les manifestations n'ont jamais été aussi systématiques et répétées que devant Le Marcheur. (Mathieu Turbide 17/12/2010 06h29 Canoe.info Quebec-Canada)»
« On dénombre 1 042 actes antisémites au Canada en 2007, une augmentation de 11,4% par rapport à 2006.
291 actes antisémites ont été posés au Québec l'an dernier, dont 249 dans la région de Montréal. C'est une augmentation de 28,8 % pour la province.
Les régions à l'extérieur de Montréal ont été le théâtre de 42 actes antisémites en 2007, une hausse de 281 % par rapport à 2006, où seulement 11 incidents avaient été répertoriés.
La grande majorité des incidents consistent en du harcèlement ». (B'nai Brith
Rapport annuel)
« Le Québec jugé antisémite » Mathieu Bélanger Le Journal de Montréal 10/04/2008
« Hausse des incidents antisémites au Canada, selon B'Nai Brith
L'étude annuelle de l'organisme révèle que le nombre d'actes haineux commis à l'endroit des juifs a augmenté de 11,4 % l'année dernière.
B'Nai Brith a recensé 1264 incidents de harcèlement verbal, de vandalisme et de violence en 2009.
Les incidents sont plus fréquents à Toronto et à Montréal, où la communauté juive est plus importante. » Radio-canada. 24 février 2010

La communauté juive du Québec compte actuellement 93 000 personnes, dont 20 000 de tradition sépharade, 10 000 hassidique et 63 000 ashkénaze.
Source : Ira Robinson, Introduction à l’histoire de la communauté juive du Québec.

Nazi Hunter Tuvia Friedman z"l - Wave of Antisemitic Attacks Strikes Montreal

By R. Hoffman

Nazi hunter Tuvia Friedman z"l passed away in Haifa last week at the age of 89. A native of Radom, Poland and a Holocaust survivor, after the war he collaborated with well-known Nazi hunter Simon Wiesenthal and helped in the capture of Adolf Eichmann and in bringing him to trial in Jerusalem. The two worked together to capture and bring to justice numerous Nazi war criminals, with the assistance of the U.S. Army.

After the U.S. Army stopped court-martialing Nazis, Friedman moved to Israel while Wiesenthal remained in Vienna, and their paths separated. In Haifa, Friedman founded the Institute of Documentation, where he gathered testimonies regarding Nazi crimes and published hundreds of books and publications on the Holocaust. In 2002 the Haifa Municipality made Friedman an Honorary Citizen.

This week the Friedman family complained that no government body in Israel ever officially recognized his work.

Nous reviendrons très prochainement sur le travail remarquable de Tuvia FRIEDMAN z"l.
Baruch Ata Dayan haEmes.




A wave of antisemitic attacks hit Montreal last weekend. Montreal Police believe the attacks against five Jewish institutions in the city are linked. The incidents were the latest in a string of attacks against Jewish institutions during the past year.

According to reports, windows were smashed at four botei knesses, a day-care center and a Jewish school located at the western edge of Cote St. Luc and Hampstead in West Montreal. Reporters wrote that some of the shattered windows were covered with planks by shul-goers while others were left as is and were visible on Monday. Property inside the buildings was also destroyed. The damage is estimated at several thousand dollars. Police have opened an investigation into the incidents.

The botei knesses involved in the attacks were Beth Rambam, Tifereth Beth David Jerusalem and Beth Zion synagogues in Cote St. Luc and Dorshei Emet synagogue in Hampstead. Academie Yavne, a Jewish school in Cote St. Luc, was also hit. Whether the attacks took place on Shabbos afternoon or Sunday morning remains unclear.

16 janv. 2011

Le jour silencieux

Le 19ème chapitre du livre de l’Exode décrit la semaine qui précéda le Don de la Torah au mont Sinaï.
Réunissant les différents éléments du récit de la Torah, le Talmud compose la chronique suivante de ces six jours, du 1er au 6 Sivan de l’an 2448 depuis la création (1313 avant l’ère commune) :
1er Sivan : Les Enfants d’Israël dressent le camp au pied du mont Sinaï. Moïse ne leur dit absolument rien en ce jour, car ils étaient épuisés par le voyage.
2 Sivan : Moïse gravit la montagne et ramène le message que D.ieu désire désigner les Enfants d’Israël comme Son peuple élu. (Le 2 Sivan est en conséquence marqué dans notre calendrier comme le Yom HaMeyou’has, « le jour de la désignation ».)
3 Sivan : D.ieu donne à Moïse ordre de clôturer le mont Sinaï, pour délimiter l’endroit où tous devront se tenir lorsque D.ieu se révélera au sommet de la montagne.
4 Sivan : Il est demandé au peuple de se sanctifier en préparation au don de la Torah en suspendant les relations conjugales et en s’immergeant dans un mikveh.
5 Sivan : Moïse construit un autel au pied de la montagne et scelle l’alliance entre D.ieu et Israël. Le peuple tout entier proclame : « Tout ce que D.ieu commande, nous l’accomplirons et nous l’écouterons. »
6 Sivan : Le Don de la Torah. D.ieu se révèle à la nation tout entière et communique les Dix Commandements.



Un étrange élément de ce récit est le fait que, le 1er Sivan, « Moïse ne leur dit absolument rien en ce jour, car ils étaient épuisés par le voyage ». Depuis le jour de leur sortie d’Égypte, les Hébreux attendaient impatiemment l’événement le plus important de leur histoire : le jour où ils recevraient la Torah de D.ieu. Nos Sages nous disent qu’ils comptèrent les jours (d’où notre pratique annuelle du « compte du Omer » durant les semaines qui relient Pessa’h à Chavouot). Cela signifie-t-il que le jour où ils arrivèrent au mont Sinaï, ils n’eurent absolument rien à faire en préparation au grand jour ?

Au Sinaï, la sagesse divine fut révélée à l’homme. À l’évidence, l’esprit humain ne peut pas atteindre la sagesse divine de par ses propres forces. Elle doit être donnée par D.ieu Lui-même. Ainsi, bien que D.ieu nous commandât d’étudier la Torah dans Son désir que l’intellect humain soit le véhicule à travers lequel nous appréhendons Sa vérité, un préalable indispensable à l'étude de la Torah est que l’esprit fasse une totale abnégation de son ego. Ce n'est qu'après qu’il se sera vidé de toute prétention d’être capable d'atteindre la vérité des vérités par lui-même que l'esprit peut être un récipient apte à la recevoir. Dans les paroles de nos Sages, « un récipient vide peut recevoir ; un récipient plein ne peut pas recevoir. »

Ainsi, le jour où « Moïse ne leur dit absolument rien » fut une partie intégrale de leur préparation à leur réception de la Torah. Ce fut le jour où ils entreprirent « l’épuisant voyage » consistant à vider leurs âmes de tout orgueil intellectuel pour devenir de dignes réceptacles de la vérité divine.
Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch

WEISBUCH, Violoniste assis

Jeudi 20 janvier 2011 : le Nouvel An des Arbres

Quelle est la dernière fois où vous avez souhaité une bonne année à un arbre ? Le 15ème jour du mois hébraïque de Chevat est une occasion en or. Il est connu sous le nom de Tou BiChevat, le Nouvel An des arbres.

Pourquoi les arbres célèbrent-ils leur Nouvel An si longtemps après le nôtre ? Cela est dû à la saison des pluies en Israël qui commence avec la fête de Souccot. Il faut quatre mois pour que les eaux des pluies saturent le sol, nourrissent les arbres et les bichonnent jusqu’à ce qu’ils puissent produire des fruits. C’est important à savoir si vous vous apprêtez à donner vos dîmes de fruits, comme nous le faisions à l’époque du Temple, parce que les diverses dîmes varient d’année en année. C’est également important si vous êtes un arbre et cherchez une raison de faire la fête.



Nous autres, humains, pouvons nous joindre à la célébration des arbresNous autres, humains, pouvons nous joindre à la célébration des arbres. Après tout, la Torah ne dit-elle pas que « l’homme est un arbre des champs » ? Nos âmes sont nourries par des racines profondes, qui remontent jusqu’à Abraham et Sarah ; nous sommes tournés vers le ciel tout en nous tenant fermement sur le sol ; et quand nous faisons les choses comme il faut, nous produisons des fruits qui profitent au monde : nos bonnes actions.

Coutumes :
Mangez des fruits ce jour-là. Le mieux est de consommer les fruits qui font la réputation de la terre d’Israël : olives, dattes, raisins, figues et grenades.
La bénédiction sur les fruits :
Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam boré péri haets
[Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crée le fruit de l’arbre.]
Si on goûte un fruit pour la première fois de la saison, on récite la bénédiction de Chéhé’hyanou avant de dire celle sur le fruit :
Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam chéhé’hyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizmane hazé
[Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a accordé la vie, nous a sustentés et nous a permis d’atteindre cette occasion.]
Certains ont la coutume de manger du caroube. Le maître de la Kabbale, le saint Arizal, mangeait quinze sortes de fruits en ce jour !
On aura soin de prélever la « Terouma » et le « Maasser » des fruits provenant d’Israël.
On se renseignera auprès des autorités rabbiniques compétentes en ce qui concerne les lois de la Chemita.
Ce jour est une fête : on ne récite pas la prière de Ta’hanoune (supplication).

15 janv. 2011

C'est déjà POURIM!

Les autorités iraniennes viennent de déclasser le monument qui abrite la tombe d'Esther et Mardochée, les protagonistes de l'histoire de Pourim, toute en publiant une nouvelle histoire... Qui fait de la fête de Pourim, un massacre de " 75000 perses par les juifs ".

Le roi de Perse de la meguila, (Assuérus, Ahachveroch) est identifié le souverain perse Xerxes 1er, qui a épousé Esther.



Les autorités iraniennes ont donc fait enlever tous les signes distinctifs du Mausolée, après une violente intervention de 250 étudiants qui ont essaye de détruire le monument.

L'agence de presse iranienne Fars(rapportée par le centre Simon Wiesenthal) justifie ces actes qui " violent la souveraineté iranienne ", expliquant qu'il faut enseigner aux enfants la connaissance des " crimes des juifs ", appelant à transformer le mausolée en un monument à la mémoire des victimes perses d'Esther et Mardochée.



Le centre Simon Wiesenthal a écrit au directeur général de l'Unesco afin que l'organisation internationale mette en place une protection du monument et fasse cesser les appels à la haine raciale.

par Gerard Fredj

13 janv. 2011

Myriam : les tambourins de la rébellion.Du profond de l'abîme à la joie la plus pure

Par Chana WEISBERG

Amer était le pain quotidien des esclaves juifs en leur exil égyptien. Ce qui avait commencé comme des travaux forcés n’en finissaient plus de dégénérer en exactions d’une indicible cruauté. Le summum de l’horreur fut atteint avec le décret de Pharaon d’assassiner tous les nouveaux-nés mâles et les bains qu’il prit dans le sang des enfants juifs.

Si le travail physique était éreintant, l’atteinte morale n’en était pas moins dramatique. La cellule familiale était éclatée : les épouses étaient séparées de leurs maris qui devaient demeurer sur leurs lieux de travail dans de lointains champs. Le peuple était démoralisé et déprimé, défait de tout vestige de dignité ou d’amour-propre. Sous la terreur du fouet des contremaîtres, il semblait vain d’espérer en de meilleurs lendemains.
Le cœur de la nation juive s’était trop assombri, son esprit trop engourdi et son corps trop épuisé pour porter un quelconque espoir.

Un groupe d’esclaves, cependant, ne se laissa pas abattre et conserva par devers tout une étincelle d’optimisme. Ces esclaves conservèrent leur dignité humaine et continuèrent à croire en une vie meilleure. Ils encourageaient quotidiennement leurs familles avec une énergie surhumaine, et restaient confiants que leurs prières seraient exaucées.
Ces esclaves étaient les femmes juives.
« Par le mérite des femmes vertueuses de cette génération, nos ancêtres furent délivrés d’Égypte. »1

Après une journée de travail épuisant, les femmes polissaient leurs miroirs et les utilisaient pour se faire belles pour leurs maris.2
À la nuit tombée, les femmes se faufilaient dans le camp des hommes, leur apportant de la nourriture chaude et fortifiante. Elles faisaient chauffer de l’eau dans les champs et baignaient les blessures de leurs maris.
Elles avaient des paroles douces et apaisantes. « Ne perdons pas espoir. Nous ne serons pas les esclaves de ces dégénérés toute notre vie. D.ieu nous a promis qu’Il nous prendra en pitié et qu’Il nous délivrera. »
De nombreuses femmes conçurent lors de ces visites, donnant ensuite naissance aux enfants qui allaient assurer la continuité du Peuple Juif.3


Un autre événement de l’enfance de Myriam reflète encore sa force de caractère et sa capacité à se dresser contre le statu quo et à garder espoir malgré les circonstances difficiles.
Le Talmud relate que lorsque Pharaon décréta que les bébés soient jetés dans le Nil, Amram, le père de Myriam, décida de divorcer de sa femme.
En tant que figure centrale du Peuple Juif en son temps, l’attitude d’Amram constituait un exemple pour tous ceux de sa génération. Si aucun enfant ne naissait, des bébés innocents ne seraient pas tués.
Tous les hommes de cette génération suivirent l’exemple d’Amram et divorcèrent de leurs épouses.
Constatant cela, Myriam s’approcha de son père et s’écria « Père ! Ton décret est pire que celui de Pharaon. Lui n’a condamné que les garçons, mais toi tu as décrété que notre peuple sera dépourvu aussi bien de garçons que de filles !
« Pharaon est un homme méchant et donc il est peu probable que son décret ne tienne. Mais toi, tu es un juste et ton décret sera accompli.
« De plus, Pharaon ne peut faire du mal que dans ce monde. Les enfants assassinés sont innocents et ont une part dans le monde futur. Mais ton décret va les en priver, car, si un enfant ne vient jamais au monde, comment pourrait-il avoir une part dans le monde futur ?
« Tu dois réépouser Mère. Elle est destinée à avoir un fils qui délivrera Israël. »8
Myriam avait six ans lorsqu’elle fit face à son père. Ses mots eurent sur lui un impact si profond qu’il la fit paraître devant le Sanhédrine (la cour suprême juive) pour qu’elle réitère sa requête.
Les membres du Sanhédrine répondirent à Amram « Tu as interdit (que nous restions mariés à nos épouses), tu dois maintenant permettre. »
Il dit « Devrions-nous reprendre nos épouses discrètement ? »
Ils répondirent « Et qui fera savoir à tout le Peuple Juif (de se remarier avec leurs femmes) ? »9



Amram amena se femme sous une magnifique ‘houpa (dais nuptial). Aaron et Myriam dansaient et chantaient devant eux, comme devant une jeune mariée. Myriam chantait sans interruption « Ma mère va enfanter un fils qui délivrera Israël ! »
Bien que Yokheved fût âgée de 130 ans, sa jeunesse lui revint miraculeusement et elle retrouva la beauté de ses quinze ans. Même les anges du service de D.ieu se joignirent à eux en chantant « heureuse est la mère des enfants. »10
Quand les hommes juifs virent cette cérémonie, ils reprirent tous leurs épouses. Une génération entière fut transformée grâce au courage et à la vision de la petite Myriam qui eut assez d’assurance pour déclarer son opinion et dire sa prophétie.
Peu de temps après, Yokheved donna naissance à un fils et vit « qu’il était bon ».

Au moment de la naissance de Moïse, la maison se remplit entièrement de la lumière divine qui émanait de lui.11 Amram embrassa Myriam sur sa tête et lui dit « Ma fille, ta prophétie s’est accomplie. »
La joie de cet instant fut brisée, cependant, avec la prise de conscience que ce garçon devrait être pris pour être tué.
« Et lorsque Yokheved ne put le cacher plus longtemps, elle lui prépara un berceau d’osier… elle y plaça l’enfant et le déposa dans les roseaux sur la rive du fleuve. Sa sœur (Myriam) se tint à distance, pour observer ce qui lui arriverait. » (Exode 2, 3-4)
Lorsqu’elles abandonnèrent Moïse au fleuve, Yokheved, démoralisée, frappa Myriam sur sa tête et dit « Ma fille, où est ta prophétie maintenant ? »12
Mais Myriam s’obstina dans son optimisme.
Elle se tint au bord du fleuve non pas pour voir si, mais comment sa prophétie se réaliserait.
Elle ressentait, elle aussi, la douleur et l’amertume de cette situation où son petit frère leur était arraché. Mais en même temps, elle était animée par son esprit rebelle : elle ne succomberait pas au désespoir.
Telle était Myriam. Elle avait cette double qualité de ressentir la douleur dans toute son intensité tout en se révoltant contre son emprise pour découvrir une lueur d’espoir et de volonté tout au fond de soi.
Depuis le fourré où elle s’était cachée, Myriam observait le tournant de la vie pourtant si ténue de son petit frère. Ce fut elle qui vit Batyah, fille de Pharaon, descendre se baigner dans le Nil. En découvrant le panier sur la rive du fleuve et entendant les cris déchirants du nourrisson qui s’y trouvait, Batyah décida de le sauver.Ce fut une Myriam pleine d’assurance qui s’approcha de Batyah pour lui suggérer qu’elle amène le bébé à une nourrice juive. À l’insu de Batyah, Myriam ramena Moïse à sa propre mère.

Moïse resta dans sa famille, bénéficiant au cours de sa première enfance d’un environnement nourricier tant matériellement que spirituellement, jusqu’à ce qu’il fut sevré. Ce n’est qu’après avoir reçu l’amour et l’enseignement de ses parents que Moïse fut ramené au palais royal pour y accomplir son destin de chef et de libérateur.
Myriam était là, à observer sur la rive du Nil, alors que l’avenir de son peuple tout entier était suspendu au sort précaire d’un nourrisson qui dérivait dans un petit panier sur ce fleuve gigantesque. Mais pas un instant sa foi en la libération de son peuple ne faillit. Plus tard, en tant que leader des femmes, Myriam transmettra ces qualités à leurs cœurs meurtris. Ce furent ces qualités qui permirent aux femmes d’amener la délivrance.

De nombreuses décennies ont passé, et nous nous trouvons sur les rivages de la Mer Rouge.
Moïse a grandi et est revenu de Midian en tant que libérateur de son peuple nommé par D.ieu. Les dix plaies se sont abattues sur l’Égypte pour la punir de sa cruauté et délivrer le Peuple Juif de son oppression. Celui-ci est sorti du pays triomphalement. Puis, alors qu’il était pourchassé par un roi récalcitrant et son armée, D.ieu a miraculeusement ouvert la mer, sauvant Son peuple et noyant ses ennemis.
Finalement, après des centaines d’années d’exil, leurs ennemis avaient été totalement déjoués et les Juifs avaient connu une délivrance miraculeuse et absolue. Leurs souffrances en Égypte étaient définitivement terminées. Leur servitude était arrivée à son terme et leur salut était tangible.
Sur les rives de la Mer Rouge, le Peuple Juif, sous la direction de son chef, Moïse, entonna la Chirat Hayam, un cantique exprimant leur gratitude et la grâce qu’il rendait à D.ieu.

Mais, lorsque Moïse et son peuple eurent conclu leur chant, survint quelque chose d’inexplicable.
« Et Myriam, la prophétesse, sœur d’Aaron, prit dans sa main le tambourin, et toutes les femmes la suivirent avec des tambourins et des danses. Et Myriam leur répondit : “ Chantez l’Éternel… ” » (Exode 15, 20-21)
Moïse et les hommes avaient chanté leur cantique. Puis Myriam et les femmes s’étaient levées pour chanter le leur.
Les hommes avaient chanté avec leurs voix. Mais le chant des femmes fur composé de voix, de tambourins et de danses. Les cœurs des femmes étaient épris d’une plus grande joie et leur chant aussi fut plus complet.



Quel fut l’apport de la femme dans le chant ? Pourquoi le cantique de Myriam et des femmes surpassa-t-il celui des hommes ?
Rachi (sur Exode 15, 20) explique le fait que les femmes avaient ces tambourins avec elles : « Les femmes vertueuses de cette génération croyaient profondément que le Saint Béni soit-Il ferait pour elles des miracles, et elles avaient emporté des tambourins d’Égypte. »
Lorsque les Juifs quittèrent l’Égypte, ce fut en hâte. En telle hâte qu’ils n’eurent pas le temps de laisser la pâte de leur pain lever et durent le cuire comme des galettes plates de Matsa. Les femmes n’étaient pas inquiètes au sujet de leurs besoins matériels, car elles savaient que D.ieu leur prodiguerait. Elles vivaient dans une dimension supérieure, par delà la réalité naturelle. En effet, malgré leur précipitation, les femmes prirent le temps de préparer, longtemps à l’avance, quelque chose qui leur semblait essentiel.
Après des années d’un exil amer – après avoir été témoin d’actes d’absolue barbarie, après avoir versé des torrents de larmes pour les bébés qui avaient été arrachés de leur bras, après avoir vu leurs enfants murés vivants dans des murs de briques pour remplir les quotas de construction – qu’est-ce que ces femmes avaient bien pu préparer alors qu’elles étaient encore esclaves en Égypte ?

Qu’est-ce qui était dans l’esprit de ces femmes qui avaient connu l’affliction au-delà de ce que l’être humain peut supporter ? Qu’est-ce qui était dans leurs cœurs meurtris par l’angoisse ? Qu’est-ce qu’elles serrèrent contre leurs corps usés, fatigués et torturés en quittant l’Égypte ?

Des tambourins.
Des instruments avec lesquels elles chanteraient et loueraient leur D.ieu pour le miracle qui se produirait assurément un jour.
Du fond de leur misère, ces femmes ne perdirent pas de vue leur idéal. Portant le deuil de leurs enfants massacrés avec leur sensibilité féminine plus douloureusement encore que leurs maris, les femmes trouvèrent la force de ne pas perdre espoir.
Ces femmes éveillèrent en elles-mêmes le meri, l’esprit rebelle de Myriam. Elles se rebellèrent contre la dépression qui aurait dû découler naturellement d’un tel malheur. Elles se rebellèrent contre l’apathie et contre le découragement.
Dans leur agonie, les femmes préparèrent des tambourins. Elles attisèrent la flamme de l’espoir au fond de leurs âmes jusqu’à ce qu’elle devienne le feu dévorant et inextinguible de la foi.
Plus amères devenaient leurs vies, et plus leur foi se renforçait.
Convaincues, sans l’ombre d’un doute, que leur D.ieu se souviendrait d’elles, leur unique souci fut de se préparer correctement à chanter Ses louanges avec des manifestations de joie appropriées pour les miracles qui arriveraient nécessairement !

Telle fut la force de Myriam. Une force féminine qui grandit de l’amertume. Une force forgée au milieu du désespoir.
Telle fut la force des femmes qui quittèrent l’Égypte, avec leurs tambourins et leurs danses de joie et de foi.
Et telle est la force de toutes les femmes.


NOTES
1. Talmud, Sotah 11b.
2. Ces miroirs furent plus tard offerts par les femmes au Tabernacle. Au début, Moïse hésitait à accepter ce qu’il considérait être des ustensiles de vanité pour ériger la résidence divine. Mais D.ieu lui attesta du mérite que les femmes acquirent grâce à ces miroirs en encourageant leurs maris en ordonnant qu’ils soient fondus et qu’on en fasse le kiyor, le bassin d’eau à partir duquel les Cohanim se purifiant avant d’accomplir leur service.
3. Midrache Tan’houma ; Talmud, Sotah 11a.
4. Talmud, Taanit 9 ; Targoum sur Michée 6, 4.
5. Rachi sur Exode 1, 15. Voir aussi Midrache Rabbah Chémot 1, 13 et Talmud, Sotah 11b.
6. Midrache Rabbah, Chémot 1, 13.
7. Rachi sur Exode 1, 17.
8. Talmud, Sotah 12 ; Midrache Rabbah, Chémot 8 et Bamidbar 13.
9. Psikta Rabbati 43, 27.
10. Psaumes 113, 9.
11. Rachi sur Exode 2, 2.
12. Midrache Rabbah, Chémot 1, 22.

Youd Shvat : qu'est-ce qu'un Rabbi? par Yanki TAUBER

Un principe fondamental de la foi juive est qu’il n’y a pas d’intermédiaire entre D.ieu et le monde. Notre relation ne dépend pas des bons offices d’une quelconque tierce partie. Sachant cela, il y a plusieurs affirmations de nos Sages qui demandent à être clarifiées.

Lorsque la Torah parle de la foi d’Israël en D.ieu après les miracles de l’Exode, elle dit : « Ils eurent foi en D.ieu et en Moïse Son serviteur » (Exode 14, 31). Relevant que la Torah emploie le même verbe (vayaaminou, « et ils eurent foi ») pour désigner la foi d’Israël en Moïse et en D.ieu, le Mekhilta affirme : « Celui qui croit en Moïse croit en D.ieu. »

En conséquence, le Zohar désigne Moïse comme étant le raaya meheimna d’Israël, une expression qui se traduit aussi bien par « berger fidèle » que par « berger de la foi ». Cette dernière acception implique que Moïse est le pourvoyeur d’Israël en foi, c’est-à-dire qu’il est une source et un vecteur de leur foi en D.ieu.

Le Talmud va plus loin encore, en étendant cette définition aux sages et aux érudits en Torah de toutes les générations. Citant le verset (Deutéronome 30, 20) : « D’aimer l’Éternel ton D.ieu et de s’attacher à Lui », il demande « Est-il seulement possible de s’attacher au Divin ? » et répond : « Mais tout celui qui s’attache à un sage de la Torah, la Torah le considère comme s’étant attaché à D.ieu. »1
Le facteur conscience

Le Rabbi RAYATS

L’explication de cela, enseigne Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi dans le Tanya, réside dans la compréhension de la métaphore qu’emploie la Torah en décrivant notre relation avec D.ieu comme celle d’un père et d’un fils. « Vous êtes les enfants de l'Éternel, votre D.ieu », dit Moïse (Deutéronome 14, 1). Alors que nous étions encore en Égypte, D.ieu parle de nous comme « Mon fils aîné, Israël » (Exode 4, 22).

De quelle manière D.ieu est-il notre père ? Il y a, bien sûr, les parallèles évidents. Tel un père, D.ieu nous crée et nous prodigue subsistance et instruction. Il nous aime de l’amour illimité et inconditionnel d’un père. Rabbi Chnéour Zalman développe encore plus profondément cette métaphore, examinant la dynamique biologique et psychologique du modèle père/enfant, et les utilise ensuite pour mieux comprendre notre relation avec notre prochain et avec notre Père Céleste.

Une parcelle de matière microscopique, provenant du corps du père, déclenche la génération d’une vie. Dans la matrice de la mère, une cellule unique se développe jusqu’à donner un cerveau, un cœur, des yeux, des oreilles, des bras, des jambes, des ongles d’orteils. Bientôt, cet être émerge au monde pour fonctionner comme un être humain qui pense, qui ressent et qui agit.

Physiquement, voilà que ce qui provenait du corps et de la psyché du père est désormais un individu séparé, distinct et – à terme – indépendant. À un niveau plus profond, toutefois, l’enfant demeure indissociable de son géniteur. Dans les mots du Talmud, « Un fils est un membre de son père ». Au cœur même de la conscience de l’enfant réside une vérité incontournable : il est l’enfant de son père, une extension de son être, une projection de sa personnalité. Corporellement, ils doivent devenir deux entités distinctes ; en essence, ils sont un.

On pourrait objecter : peut-être que dans le cerveau, siège de l’esprit de l’enfant, de sa conscience de soi et de son identité, la singularité du parent et de sa progéniture se perpétue. C’est en effet là que la relation de l’enfant avec son père est ressentie ; c’est là que réside sa conscience de leur unité intrinsèque. Mais le cerveau n’est qu’un organe parmi tous ceux de l’enfant. Le reste de lui provient certes de sa source parentale, mais se trouve dorénavant être une entité totalement séparée.

À l’évidence, ce n’est pas le cas ; pas plus qu’il ne serait correct de dire que seuls les yeux voient ou seule la bouche parle. Les éléments composant l’être humain constituent un tout unique et intégré. C’est la personne qui voit, la personne qui parle, la personne qui est consciente. L’ongle de l’orteil de l’enfant, de par son interconnexion avec le cerveau, n’est pas moins uni avec le père de l’enfant que son cerveau lui-même, qui est pourtant l’organe par lequel s’opère cette unité.

Mais que se passe-t-il si cet ongle d’orteil, ou n’importe quelle autre partie du corps, voit sa connexion avec le cerveau rompue ? Cela le déconnecterait de son propre centre de vitalité et de conscience et, en conséquence, aussi de ses origines parentales. En d’autres termes, l’unité de tous les membres et organes de l’enfant avec l’essence du père dépend du maintien de leur connexion avec le propre cerveau de l’enfant, une connexion qui leur confère à tous la conscience de cette unité.
Le corps d’Israël

Israël, également, est constitué de nombreux « organes » et « membres ». Il y a les grands sages de chaque génération qui vouent leur vie à l’assimilation de l’essence divine de la Torah, et dont l’être tout entier est imprégné de la conscience de la vérité divine. Ces personnes sont l’esprit de la nation. Israël possède un cœur, des individus dont la vie incarne la compassion et la piété ; et des mains, ses grands bâtisseurs, ceux qui mènent à bien de grands projets. Chaque individu sans exception, depuis le « Moïse de la génération »2 jusqu’au « simple soldat », constitue une partie intégrante du corps de l’aîné de D.ieu. Chacun est, semblablement, « un membre du père ».

Mais, tout comme dans la relation père-fils physique, c’est le mental de l’enfant qui établit le lien avec son père. Tant que les divers organes et membres de son corps demeurent en un tout intégré, ils sont tous de manière égale l’enfant du père. Le mental n’agit pas comme un « intermédiaire », à D.ieu ne plaise : chaque partie du corps, y compris l’ongle de l’orteil, possède une conscience de soi qui fait des deux corps ostensiblement distincts du père et du fils une seule entité. Mais c’est uniquement en vertu de leur connexion à leur cerveau que cette conscience réside dans toutes les parties de l’enfant.

Ceci s’applique au « corps » qu’est Israël. C’est notre lien vital avec notre « cerveau », notre « esprit » – les sages et les chefs d’Israël – qui tout à la fois fait de nous un tout unifié et nous imprègne de notre connexion à notre Créateur et source.

Certes, un Juif, une Juive ne peut jamais rompre son lien avec D.ieu, pas plus que le plus petit des ongles d’orteil d’un enfant ne peut choisir de tomber de lui-même et de défaire sa relation avec son père. Mais, bien que nous ne puissions changer ce que nous sommes, nous pouvons déterminer dans quelle mesure notre identité d’enfants de D.ieu s’exprimera dans notre vie quotidienne. Nous pouvons choisir, à D.ieu ne plaise, de nous dissocier des chefs que D.ieu a placés en notre sein, reléguant ainsi notre relation avec Lui dans le subconscient de notre âme. Ou bien nous pouvons amplifier notre lien avec « l’esprit » d’Israël, faisant ainsi de notre lien avec le Tout-Puissant une réalité tangible et vibrante dans nos vies.3

NOTES
1. Talmud, Ketoubot 111b.
2. C’est ainsi que le chef de chaque génération est appelé. Voir Midrach Rabbah, Béréchit 56:7 ; Tikounei Zohar 114a; commentaire de Rachi sur ‘Houline 93a.
3. Basé sur le chapitre 2 du Tanya, et les enseignements du Rabbi de Loubavitch, 26 Sivan 5711 (30 juin 1951).

9 janv. 2011

Discours 'Hassidique ''Je suis venu dans Mon jardin..."

"Mon beau-père, le Rabbi cite ce verset, dans le discours ‘hassidique qu’il donna pour le jour de son décès, le 10 Chevat 5710
« Je suis venu dans Mon jardin, Ma soeur, Ma fiancée »(2)".
(Ce shabbat 15 janvier 2011 correspond au 10 Shvat, jour de la prise de fonctions du Rabbi de Loubavitch Menachem Mendel Schneersohn.)


Pour lire le discours prononcé ce 10 Shvat 5711/1951 : http://www.cehmarais.com/upload/Maamar%20Basi%20Legani%201951-5711.pdf

5 janv. 2011

Cours de Pensée juive


Le Seder de Pessach, Dorit WEISEROVA(1932-1944)


Chaque mercredi, hors jour de fête, à la synagogue du 17 de la rue des Rosiers (Paris 4ième, métro Saint-Paul Le Marais) aura lieu un cours de pensée juive. Celui pourra porter aussi bien sur l'actualité que sur la pratique des bonnes actions...
Ce cours est à l'adresse d'un public mixte et de toute observance religieuse.



Le cours du mercredi 12 janvier qui aura lieu à 17:30 portera sur "la sortie d'Egypte".

2 janv. 2011

DOCUMENT L'Enfer de Tremblinka, par Vassili GROSSMANN

"Des lieux désolés
A l'est de Varsovie, sur les rives du Bug occidental, s'étendent des sables et des marais, d'épaisses forêts de- pins et de feuillus. Sur cette terre indigente, les villages sont rares; l'homme évite les étroits chemins où le pied s'enlise, où la roue plonge jusqu'au moyeu dans le sable profond.
Dans cette nature morne, à plus de soixante kilomètres de Varsovie, se trouve la petite station de Treblinka, sur la ligne de Siedlce, à proximité de Malkinia, point de croisement (les voies ferrées venant de Varsovie, de Bialystok, de Siedlce et de Lomza.
De tous ceux qui furent amenés à Treblinka en 1942, bien peu sans doute avaient traversé ces lieux en temps de paix, et promené leur regard distrait sur la monotonie du paysage fait de pins et de sable, de sable et de pins, avec çà et là des touffes de bruyères, un buisson desséché, une station morose, un croisement de lignes..."
Pour lire la suite de ce document exceptionnel :
http://www.cehmarais.com/Livres-et-documents.html

1 janv. 2011

Trente-deux mois de prison pour le vol de l'inscription d'Auschwitz

L'ancien leader néonazi suédois Anders Högström a été condamné, jeudi 30 décembre, à 2 ans et 8 mois de prison pour "incitation au vol" de l'inscription "Arbeit macht frei" de l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau.



Anders Högström, 34 ans, plaidait coupable. "Il purgera sa peine en Suède, conformément à un accord avec la justice suédoise", a déclaré le porte-parole d'un tribunal de Cracovie, dans le sud de la Pologne.

Le portique métallique avec l'inscription "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre") qui figurait au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien camp de la mort nazi avait été volé en décembre 2009 et retrouvé moins de trois jours plus tard, scindé en trois morceaux. Ses cinq voleurs polonais avaient immédiatement été arrêtés.

Ce vol de la tristement célèbre inscription d'Auschwitz avait suscité de vives réactions en Pologne, en Israël, et parmi les anciens déportés. Environ 1,1 million de personnes, dont un million de juifs, les autres victimes de ce camp furent surtout des Polonais non juifs, des Roms et des prisonniers soviétiques, furent exterminées par les nazis de 1940 à 1945 à Auschwitz-Birkenau.