
Une des œuvres du décorateur Boris Aronson (1898-1980), figure de proue du théâtre yiddish à partir des années 1920.
© JEM Production
De la fin du XIXe siècle jusqu’au début des années 1930, trois millions de Juifs sont arrivés aux Etats-Unis. Un grand nombre d’entre eux, originaires d’Europe centrale, se sont installés à Manhattan, faisant du Lower East Side l’un des hauts lieux de la culture yiddish en Amérique.
« L’une des choses fascinantes, c’est de voir à quel point le yiddish est devenu une culture new-yorkaise à part entière (…), une culture qui s’est infusée dans la poésie, les journaux, les lettres… » observe Adrienne Cooper, figure de proue de la musique klezmer, disparue en décembre. Pointant de nombreuses œuvres d’art — du décor scénique créé en 1926 par Boris Aronson pour le théâtre d’art yiddish aux toiles de Rothko et Chagall —, Rachel Ertel et David Unger partent à la découverte de ce qui subsiste à New York de la culture yiddish, en plein renouveau. Le clarinettiste David Krakauer raconte ainsi comment il puise aux sources de la musique klezmer, préservée de l’oubli grâce au fonds d’archives sonores du Yivo : « Pour ma génération, rappelle-t-il, c’est comme si on avait été dépouillé de toute culture. (…) A partir de la première moitié des années 1970, de jeunes musiciens ont ressorti les vieux 78-tours afin de les étudier (…). C’était une façon de renouer avec le yiddish sans le parler, une façon de le parler musicalement. »
Contre l’oubli
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