Courtoisie de propagandes.info
Ce sujet britannique et ancien dirigeant de l’Organisation sioniste mondiale est entré dans l’Histoire après avoir dicté à Lord Balfour la déclaration par laquelle le gouvernement britannique octroya aux Juifs un Foyer national en Palestine.
Cet acte généreux était à peine troublé par un léger détail : la Palestine, en 1917, ne dépendait à aucun titre de l’autorité anglaise, puisque ce pays faisait alors partie intégrante de l’Empire ottoman.
Pendant la Première guerre mondiale, le chimiste Weizmann travailla à produire des explosifs pour l’armée anglaise. En tant que chef du sionisme mondial, il revendiqua d’emblée pour les colons juifs le droit de diriger la Palestine et obtint pour ce faire du président Harry S. Truman (Juif assimilé, le S. de son deuxième prénom étant l’abréviation de Salomon) le soutien des Etats-Unis, lequel se concrétisa en 1948 avec la création de l’Etat « ressuscité » d’Israël, dont Weizman deviendra le premier président.
Voici un extrait de ses mémoires posthumes, parues cinq ans après sa mort :
« En d’autres termes [Weizmann évoque ici la politique antisioniste du gouvernement anglais juste avant la création d’Israël], le gouvernement britannique ne voulaient pas accepter que six millions de Juifs avaient été condamnés à mort en Europe par différentes méthodes scientifiques et que l’antisémitisme européen était toujours présent et aussi malfaisant. »
Chaïm Weizmann, Naissance d’Israël, Gallimard, 1957, page 495
Voici l’unique et vague mention de la Shoah par le chef du sionisme dans un livre de 550 pages. Cette somme couvre la période de la Deuxième guerre mondiale, y compris l’avant-guerre et l’après-guerre. Chaïm Weizmann n’y fait qu’une timide allusion aux « six millions », et encore le fait-il dans le cadre du conflit qui l’opposait, à l’époque, avec les autorités britanniques qui administraient la Palestine.
Autre temps, autre mœurs, la perception de la Shoah a bien changé avec les années. Tout de suite après la Deuxième guerre mondiale, la forêt cachait encore l’arbrisseau qui nous apparaît maintenant gros comme une montagne de fromage. On s’attendait plutôt à voir ce chimiste confirmé nous expliquer avec force détails le fonctionnement des chambres à gaz, mais il n’en fut rien…
Weizmann cultive encore l’ambiguïté en évoquant « diverses méthodes scientifiques » d’exécution de masse, omettant curieusement de mentionner les incontournables chambres à gaz homicides. Il est vrai qu’en 1944-45, la propagande de guerre et d’après-guerre parlait surtout d’exécution de masse par électrocution dans des bassins, par hyperthermie dans des chambres surchauffées, par hypothermie dans des chambres froides, par asphyxie dans des chambres à dépression, par noyade dans des bassins à plancher escamotable… bref, toute une panoplie de l’horreur dont l’Histoire ne retiendra rien. Car tout semblait possible pour le génie allemand : le pire surtout, pour mieux occulter le meilleur, à savoir les réussites sociales trop exemplaires du régime honni.
Et on se demande bien qui, en Europe, juste après la guerre, pouvait encore être à la fois antisémite et influent, au point d’alarmer Weizmann quant au sort des éternels persécutés. A moins bien sûr qu’il ne s’agisse du cabinet travailliste du gouvernement de Sa Majesté, opposé à la colonisation sioniste d’une Palestine sous mandat britannique, gouvernement qualifié d’antisémite pour les besoins de la cause.
Ce témoignage inaugure l’amalgame bien connu maintenant entre antisionisme et antisémitisme. Pour le premier président d’Israël, la Shoah n’apparaît pas du tout comme l’événement le plus important de l’histoire de l’humanité, mais plutôt comme un instrument parmi d’autres au service du sionisme et de son objectif suprême : la création de l’Etat d’Israël.
Quant aux terroristes de la Haganah, leurs attentats criminels contre les Anglais et les Palestiniens étaient ainsi pleinement justifiés, puisque visant des antisémites.
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