Bonjour,

Le site "Mémoires juives", outre mes travaux sur les origines de la solution finale, est ma contribution à la Mémoire. Je dois beaucoup à Madame Sarah HALPERIN Z"AL du C.D.J.C (aujourd'hui le Mémorial de la Shoah à Paris) - Shmuel LEMARTELEUR, octobre 2011 -

La culture et les sciences ne suffisent pas à nourrir un homme. Donc, l'association Cercle d'Etudes Historiques du Marais, CEH MARAIS œuvre pour la diffusion des Mémoires juives et la bienfaisance. 75 miraculés de la solution finale quittent ce monde chaque jour. Il subsiste 400.000 Juifs survivants dont 190.000 en Israël. Beaucoup ne mangent pas à leur faim. Fidèle à la parole de David Ben Gourion qui s'engagea afin qu'aucun survivant n'ait à manquer de rien jamais, CEH MARAIS soutient financièrement et assiste le mieux possible les enfants cachés et les rescapés de la solution finale. Un reçu Cerfa vous sera adressé en retour. FAIRE UN DON

31 mai 2012

ANNEE KORCZAK 2012, spectacle des enfants autour du roi Mathias, le mercredi 6 juin à 15h, à Paris 14e




 L’Association Française Janusz Korczak a le plaisir de vous inviter à une représentation théâtrale intitulée :

Les enfants du Roi Mathiaslibrement inspirée du roman de Janusz Korczak Le Roi Mathias Ierpar les enfants des centres de loisirs du 3 Alésia et Alain FournierMercredi 6 juin 2012 à 14h30 Dans les locaux de l’École primaire publique
14, rue d’Alésia Paris 14e arr.


    Que feraient les enfants d’aujourd’hui à la place du roi Mathias ? Les droits de l’enfant sont-ils respectés ? Que pensent les enfants des difficultés (et des bêtises) des adultes ? Et comment faire entrer la démocratie à l’école ?   Utilisant les techniques du théâtre forum, ce spectacle interactif construit librement par les enfants sur leur temps de loisir leur permet de s’initier au débat démocratique, de faire des propositions, et de solliciter l’avis des spectateurs adultes et enfants.
    Aboutissement d’un atelier théâtre ouvert en octobre 2011, cette manifestation de jeunes enfants parisiens est le fruit d’un projet franco-polonais de l’Association française Janusz Korczak (AFJK) réalisé grâce au soutien de la Mairie de Paris dans le cadre du label Paris Europe 2011, et de la Mairie du 14e. Il s’agit d’un nouveau programme socio-éducatif et culturel de l’AFJK visant à favoriser l’apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie à travers le théâtre et le journalisme abordés sous l’angle de l’œuvre littéraire pour enfants de Janusz Korczak (1878-1942), écrivain, médecin et éducateur polonais reconnu comme le père spirituel de la Convention internationale des droits de l’enfant.

    Contribuant au succès de l’Année Korczak 2012 proclamée par la Pologne en témoignant de l’intérêt de l’héritage pédagogique universel du grand éducateur pour les enfants d’aujourd’hui, le projet continuera de se développer et de susciter les contributions d’autres enfants en France, en Pologne, en Afrique et en Inde, à découvrir progressivement sur <http://roi-mathias.fr>.

    Cet événement est aussi pour notre association l’occasion de saluer avec les enfants la sortie de la nouvelle traduction du roman aux Éditions Fabert, annoncée chez les libraires à partir du 12 juin et dont nous sommes à l’initiative.
  
    Le nombre de places étant limité, nous vous prions de bien vouloir nous annoncer votre venue par e-mail.
     En vous remerciant de votre attention,
    L’AFJK

P.-J. : flyer du 6 juin ; icônes de la nouvelle édition.

_________
Association Korczak (AFJK)
6 quai d’Orléans, 75004 Paris
Accueil sur rendez-vous uniquement
Tél./fax 14h-19h : +33 (0)1 44 24 90 00
Web : <http:korczak.fr>

Société d'Histoire pour la Transmission de la Mémoire de Durmenach

Pour la préservation du cimetière juif de Durmenach

Allemagne : Les Défis de l’Enseignement sur la Shoah

Courtoisie de lessakele.over-blog.fr



“L’Allemagne a érigé de nombreux lieux de mémoires et musées au sein des anciens camps de concentration, autant que pour les Juifs assassinés. L’amplitude de l’attention portée à l’éducation à propos de la Shoah est exceptionnelle, dans les écoles et d’autres institutions éducatives. En même temps, on observe également une auto-perception croissante des Allemands comme étant, eux-mêmes, des victimes – à cause des bombardements alliés, la fuite et l’expulsion d’Europe de l’Est, et ainsi de suite. Qui plus est, des préjugés, tels que : « Les Juifs ont encore réussi à faire de l’argent grâce à la Shoah ; ils instrumentalisent la Shoah contre l’Allemagne et l’Europe pour servir leurs propres intérêts »,… continuent de flotter dans l’air ambiant.


Le Dr. Susanne Urban, historienne, est Directrice de Recherche Historique au Service de Suivi International (International Tracing Service, ITS), à Bad Arolsen, en Allemagne. Avant cela, elle a travaillé cinq ans à Yad Vashem.

Urban observe : “On retrouve actuellement de l’antisémitisme chez 20% de la population allemande. Depuis l’an 2000, les attitudes antisémites se sont souvent tournées contre l’Etat d’Israël et, par conséquent, contiennent autant d’antisémitisme que d’antisionisme. Un enseignement réussi sur la Shoah se trouve entravé, chaque fois que des comparaisons entre le Ghetto De Varsovie et la situation à Gaza, ou les soldats israéliens et ceux de la Wehrmacht abondent dans les médias, dans la sphère publique et, en fin de compte, dans les écoles.

Des collègues m’ont parlé de cas d’étudiants ayant des origines immigrées qui ont quitté la classe, parce que la Shoah était au programme. Des études, telles que celles réalisées par la fondation Amadeo-Antonio soulignent que ces attitudes apparaissent dans le contexte d’une perception de soi-même qui est souvent fondée sur une confrontation entre « nous » et « l’Occident », accompagnée d’un rejet de tout ce qui est juif/israélien – et, par conséquent, aussi dressé contre tout enseignement de la Shoah.

“Les enseignants devraient se demander : “Comment pouvons-nous susciter un intérêt concernant la Shoah, pour des étudiants qui ne sont pas nés en Allemagne ou qui sont d’origine immigrée ? ». Il existe de très nombreux angles à travers lesquels les enseignants peuvent parvenir à relier ces étudiants à l’histoire de la Shoah. Une façon de faire consiste à parler des sauveteurs musulmans en Albanie qui ont sauvé presque tous les Juifs de ce pays. Une autre peut être d’évoquer les expériences de Juifs d’Afrique du Nord ou des Juifs qui ont trouvé refuge en Turquie. Un autre exemple provient des documents ITS : un citoyen italien –musulman – a combattu avec les partisans italiens contre les Nazis  et a ensuite été enregistré comme personne déportée en Italie. Il ne voulait plus vivre en Europe, après l’expérience qu’il avait vécue durant l’occupation allemande. Il existe ainsi un lien entre le monde musulman et les évènements entre 1933 et 1945, autant d’après des exemples d’aide et de secours, mais aussi, à travers l’autre camp – si on pense aux formations de Musulmans-SS d’Hajj Amin al-Husseini – le Mufti de Jérusalem – qui dispensait sa propagande depuis Berlin.

“La Shoah a été un évènement qui a traversé les frontières et est devenu global. Ceci démontre la reconnaissance fondamentale que l’histoire concerne les êtres humains de diverses origines, de religions et de points de vue bien différents du monde.

“De récents sondages d’opinion montrent que même des étudiants en sciences de l’éducation  ont une conscience bien maigre d’évènements tels qu’Auschwitz et la Shoah. En janvier 2012, le magazine Stern a publié les résultats d’une étude-3-. 19% des Allemands connaissent Auschwitz et se sont montrés capables de lier ce nom avec celui du camp. Pourtant, seulement 21% de ceux âgés entre 18 et 29 ans connaissent Auschwitz. Un tiers de ceux interviewés ne savent pas qu’Auschwitz se trouve en Pologne. 43% n’ont jamais visité un site de mémoire dans un ancien camp de concentration.

“L’aspect positif des choses : en 1994, 53% des gens en Allemagne avaient envie de penser que le passé nazi et la Shoah appartiennent à l’histoire, sans importance présente. Aujourd’hui, ce nombre a chuté à 40%. C’est probablement lié au fait que la génération de ceux qui ont assisté, des acteurs et des profiteurs est en train de disparaître. Mais 40% représente encore un chiffre important, alors que ces personnes ne veulent pas partager la responsabilité de ce souvenir ni l’héritage des survivants. Cela a aussi à voir avec le fait que 65% insistent sur le fait que l’Allemagne ne porte pas de responsabilité particulière au-dessus des autres nations à cause de son histoire. Cela prend encore plus de relief si on considère la généralisation de l’attitude anti-israélienne dans le pays.

“Une leçon actuelle tirée de l’histoire est que nous avons la responsabilité de ne pas être de simples spectateurs d’autres génocides. Le monde a échoué au Rwanda. En plus, les menaces de génocide – telles que celles que fait l’Iran contre Israël- ne devraient pas rester sans réponse.

Urban conclut : “Il y a un besoin urgent de définir clairement les buts communs de l’enseignement de la Shoah. Il devrait offrir une restitution de leurs récits, et de l’histoire en général, aux victimes. On devrait lire et écouter leurs points de vue comme une contrepartie de la vision des auteurs de crimes. Les adolescents devraient apprendre à prendre leur responsabilité quant à leurs propres opinions et actions. Les récits des Justes non-Juifs devraient être enseignés pour démontrer qu’on doit avoir le choix et que la vie n’est pas le résultat d’un déterminisme. Toutes les victimes et survivants et tous les sauveteurs et contributeurs participaient de la même culture européenne, de sociétés enrichies et contribuaient à l’économie de leur pays. A l’ITS, nous disposons de plus de 30 millions de documents. A partir d’eux, on peut apprendre à enseigner et trouver sa propre voie pour être actif, engagé et alerté. Le souvenir doit être orienté sur l’avenir, et aussi lié avec notre sens des responsabilités pour le présent ».

Le défi Facebook : Comment faire bon usage de Facebook

Courtoisie de aish.fr


Aujourd’hui on trouve partout ces t-shirts sur lesquels sont imprimés des slogans, slogans qui peuvent être parfois amusants ou mignons d’ailleurs. Mon préféré par exemple est celui-ci : « Cinq personnes sur quatre ont du mal avec les fractions ». Le choix d’un t-shirt est une décision de marketing personnel. C’est une manière de faire savoir au monde qui vous êtes et comment vous voulez être perçu.


Imaginez-vous avec un t-shirt sur lequel seraient imprimé toutes vos informations personnelles. Tous ceux qui vous regardent sont immédiatement au courant de votre vie privée, de vos préférences, vos moments préférés et vos échecs. Personne ne porterait un tel t-shirt parce que ce serait étaler sa vie et que cela détruirait les limites sociales dont nous avons besoin pour vivre et nous développer. 
Étaler ses goûts et ses préférences, tout cela relève de l’exhibitionnisme.
Or utiliser Facebook sans discernement revient exactement à porter ce genre de t-shirt. Facebook, c’est ce réseau social innovant qui permet aux utilisateurs de partager des textes, des liens vers des sites, des informations sur ce qui ce passe, des photos et des vidéos. Y afficher des photos intimes que tout le monde peut regarder, discuter d’affaires privées que tout le monde peut lire, y étaler ses goûts et ses préférences, tout cela relève de l’exhibitionnisme. 
Les utilisateurs responsables, ceux qui tiennent à leur vie privée et qui sont capables de maintenir des limites adéquates peuvent néanmoins surmonter ce problème. On doit toujours protéger ses informations personnelles en ligne, ériger une barrière entre sa vie réelle et sa vie sur l’internet. Facebook a été conçu pour exposer sa vie, et la tentation est grande d’y dépasser les limites du privé. On doit réprimer ses pulsions exhibitionnistes. 
Facebook en lui-même n’est ni bon ni mauvais. Il ne s’immisce pas dans la vie privée et ne révèle aucun secret personnel. Et tant qu’on l’utilise avec prudence, avec la conscience qu’internet n’est pas un journal intime et que toute information publiée devient…publique, on peut même en tirer un certain profit. Un marteau peut servir à frapper quelqu’un ou à  construire une maison, on doit choisir l’usage que l’on va faire d’un outil. 
Il existe une expression dans le Talmud relative aux dégâts causés par la médisance : « Ton ami a un ami » (Ketoubot 109b). Quand on raconte quelque chose à une personne, ce n’est pas seulement à elle qu’on la raconte, mais aussi à nous ses amis, et les amis de ses amis… C’est là le danger de Facebook. Une histoire gênante devient connue de vos amis, qui vont à leur tour probablement la raconter à leurs amis, et à mesure que le cercle s’agrandit, les dommages d’une indiscrétion se propagent. 
Mais cette faculté peut être utilisée aussi à bon escient. Une histoire merveilleuse peut se répandre de la même manière sur le réseau social. Une bonne nouvelle ou une idée ingénieuse fera son chemin jusqu’à vos amis, qui la propageront chez leurs amis. En peu de temps une vague de joie peut éclairer la vie de centaines de personnes et motiver ceux en ont besoin. De vous dépend l’usage du marteau que représente Facebook. 
La chambre d’écho. 
Le Talmud nous enseigne qu’au cours d’une carrière académique, on devrait idéalement apprendre de deux maîtres différents (Avoda Zara 19a). Les points de vue différents élargissent nos horizons et nous forcent à réfléchir, afin que nous ne nous tombions pas dans les lieux communs confortables. Facebook, au même titre que les news sur internet et sur la télévision par câbles, peut porter atteinte à cette logique. Quand nous communiquons presque exclusivement avec des gens qui nous ressemblent, nous nous retrouvons dans une sorte de chambre d’écho qui ne fait que ramener à nos oreilles les mêmes sempiternels points de vue. Nous ne confrontons plus d’autres opinions ni ne questionnons la validité des avis qui sont émis autour de nous. 
Facebook amplifie ce phénomène par le partage de liens, d’idées ou d’articles au sein d’un groupe social, qui fini par créer une communauté de pensée homogène en ligne. La chambre d’écho devient assourdissante. Mais les choses ne doivent pas nécessairement rester ainsi. Facebook peut être mis au service d’un but radicalement opposé pour ceux qui recherchent la diversité. 
Ton ami a un ami, et ainsi de suite à l’infini. Cette idée du Talmud, qui sert de base théorique à Facebook, peut rejoindre cette autre idée du Talmud selon laquelle il est souhaitable d’apprendre de plusieurs maîtres pour une meilleure éducation. Quand les groupes se croisent, on peut rencontrer des gens qui ont des parcours et des points de vue différents. On peut découvrir les expériences, les idées et les intérêts de personnes qui pensent différemment. Facebook, si on en fait bon usage, peut constituer la solution au problème de l’internet. Il fait exploser la chambre d’écho. Il élargit les centres d’intérêt, fait découvrir de nouvelles idées et de nouvelles approches, et permet de voir le monde à  travers les yeux d’autres personnes. 
Internet doit être le lieu d’un comportement responsable. Ceci requiert qu’on soit d’abord solidement ancré dans le monde réel et que l’on n’utilise internet que comme un outil. On doit éviter de se laisser fasciner et garder ses distances avec ce que l’on estime être impudique. Ce n’est pas parce qu’une personne est exhibitionniste qu’on doit se transformer en voyeur. Ignorez-la et poursuivez votre chemin. Recherchez les conversations intelligentes et les sujets motivants. Facebook est un outil pour partager avec les autres ce qu’on pense pouvoir les intéresser, et pour s’intéresser à ce que les autres veulent partager. Pour que cela devienne une expérience enrichissante, il suffit de trouver les gens qui ont quelque chose de valeur à partager.  


Faire usage de Facebook pour construire plutôt que pour détruire demande de la réflexion et de la décision. Et puisqu’un comportement responsable peut s’apprendre, celui qui maîtrise cette qualité sera à même de profiter des innombrables opportunités de progression qui lui sont offertes.

30 mai 2012

Mirande : Ginette a connu l'enfer des camps de concentration

Courtoisie de ladepeche.fr
Entre la journée de la déportation et le 8-mai, une ancienne de Birkenau est venue témoigner de la déportation et de la Shoah devant de jeunes lycéens gersois.
Un tout petit bout de femme… une silhouette frêle et dans la voix un peu de cette gouaille parisienne, qui la fait se rire d'elle-même… c'est peut-être ce qui a permis à Ginette Kolinka de survivre aux camps d'extermination. En fin de semaine dernière elle témoignait devant les lycéens gersois, au Garros, à Pardailhan et à Mirande. « Cette période est au programme officiel des classes de première, il était intéressant de confronter les élèves à un témoin de la Shoah… » expliquent les profs d'histoire. Déjà l'an dernier, au Garros, Ginette Kolinka avait témoigné.
Née au sein d'une famille qui travaille dans l'habillement et sur les marchés, Ginette rentre du travail, le 13 mars 1944. Elle est arrêtée, à 19 ans, avec son père, son jeune frère de 12 ans et un neveu de 14 ans. Transférée à Drancy, la famille est déportée à Auschwitz le 13 avril. Dans les mois de malheur et d'enfer, la jeune Ginette Cherkasky parle toujours d'une chance qui n'a cessé de l'accompagner. Une chance qui par moments la fait se croire coupable. Ainsi à son arrivée au camp polonais elle aide son père et les deux jeunes garçons à monter dans un camion pour leur éviter de marcher entre le quai de débarquement et le camp. Le camion s'arrêtera directement devant les chambres à gaz…
Ginette Kolinka témoigne de l'enfer des camps devant les lycéens./Photo DDM, Nedir Debbiche.  
Ginette est sélectionnée pour le travail au sein d'un groupe d'une centaine de femmes. C'est la qu'elle comprend que trop vieux, trop jeune ou en mauvaise santé, c'est la mort à l'arrivée. Pendant des mois, autour du camp voisin de Birkenau, elle cassera des pierres qu'elle met dans un wagonnet. « Quand il était mal chargé, il se renversait, nous le vidions et le remettions sur les rails… » Il y a quelques années, lorsqu'elle découvre ces wagonnets au musée d'Auschwitz, elle est incrédule. « Comment avions nous la force ? » Elle comprend que le travail était le seul moyen de rester envie.
Elle évoque la déshumanisation, la perte de repère civil, d'humanisme, dans cet univers de mort et de survie. À son retour à Paris elle annoncera, sans détour, à sa mère, le décès de son père et de son frère. « Ce n'est que plus tard que je me suis rendu compte que j'avais été trop directe et trop dure… » Entourée et protégée par ses sœurs, il lui faudra deux ans pour retrouver une vie normale avec toujours cet étrange sentiment d'être la seule de la famille à avoir échappé à l'enfer. Étrange mémoire de Ginette sur ces terribles mois… Des visages se sont à jamais effacés, des épisodes aussi, des enchaînements qu'elle ne peut plus expliquer. Dans ce témoignage, elle a cette phrase terrible : « Après quelque temps je suis redevenue civilisée… » Des mots qui ont porté sur cette centaine d'adolescents qui ont écouté pendant plus de deux heures cette grande dame.

Le Yiddishland à la rencontre des Cévennes

Courtoisie de yiddishland.free.fr


Les Rencontres Interculturelles de Bréau

Le Yiddishland à la rencontre des Cévennes


C’est avec plaisir que l’association Yiddish & Cie en Cévennes vous invite aux 13èmes rencontres interculturelles de Bréau du 7 au 15 juillet 2012.
Pensez à faire connaître Bréau à au moins une personne autour de vous.
Les grands parents sont fortement invités à venir avec leurs petits enfants, puisque la transmission est aussi entre différentes générations.

Site de Tsahal : nouvelle adresse, nouveau visage

courtoisie de Tsahal Armée de Défense d'Israël


Chers amis,

Nous sommes heureux de vous présenter aujourd'hui le nouveau site officiel de Tsahal en français, désormais disponible à l'adresse suivante :www.tsahal.fr

Dans cette nouvelle version, l’accent a notamment été mis sur la lutte contre la désinformation via notre rubrique Ré-information. Le glossaire a été complété et mis à jour afin de vous donner des données claires et concises sur les sujets centraux. Notez également que vous pouvez partager tout le contenu de notre site sur les différents réseaux sociaux en un clic et les commenter en vous connectant à votre compte Facebook.
Enfin, comme auparavant, vous pouvez consulter notre page Facebook et discuter avec les autres internautes, nous suivre sur Twitter et vous connecter à YouTube pour visionner nos reportages .
Comme d'habitude, et ce depuis déjà près d'un an, nous comptons sur votre soutien.
Bonne lecture et à bientôt sur nos pages !
L’équipe francophone de l’Unité du Porte-parole de Tsahal en français.

29 mai 2012

Michal Rovner, Moshé Dayan, Milan Sek

Michal Rovner, Particules de Réalité

Moshe Dayan, Massada la Victoire des Vaincus

Milan Sek, Franz Kafka

Au Maroc, des juifs venus d'Israël prient leurs saints en toute tranquilité

Courtoisie de tempsreel.nouvelobs.com


Ils n'ont pas osé aller en pélerinage en Tunisie par crainte du printemps arabe. Mais au Maroc, où les islamistes sont pourtant aussi au pouvoir, des juifs d'Israël n'ont pas eu peur de venir cette semaine vénérer leurs saints en toute tranquilité.

Comme chaque année, quelque 5.000 juifs - la plupart d'origine marocaine -sont venus de tous lescoins du monde, et notamment d'Israël, pour rendre hommage aux 1.200 saints enterrés dans cette terre d'islam qu'ils "aiment", priant à l'unisson pour la "paix et la cohabitation entre les deux religions" au Moyen-Orient.
Le plus important des sanctuaires juifs au Maroc est celui d'Amran Ben Diouane, un saint vénéré qui repose depuis 250 ans au dessus des montagnes de Ouazzane (200 km au nord de Rabat).
"Mille saints reposent au Maroc, l'un des lieux les plus importants au monde avec un pélerinage qui dépasse les cinq mille personnes", explique Jacob Tordjamn rabin de Tanger (nord).
Le sanctuaire Amrane Ben Diouane, planté dans un cimetière juif, se dresse au milieu de plusieurs hectares d'oliviers.
Sous surveillance policière, son accès est autorisé aux seuls Marocains dûmement munis d'une autorisation délivrée par la communauté juive du royaume.
Sous une chaleur de 42 degrès cette semaine, un juif venu d'Israél sursaute quand on lui demande s'il prie aussi Dieu pour réconcilier Israéliens et Palestiniens.
"Mon frère que tu sois juif, arabe ou musulman nous voulons tous la paix, laisse moi prier", répond-il devant la tombe supposée être celle du saint Amran.
Le pélerinage dans ce sanctuaire, commencé jeudi s'achève samedi soir après le Shabbat.
Durant ces cinq jours de prières, les pélerins fortunés dorment dans de petites villas, les autres couchent dans des maisonnettes au toit de zinc.
Sous un immense olivier, ils défilent chaque jour, jetant des cierges sur un énorme bûcher allumé à même la tombe d'Amran Ben Diouan. "Un homme pieux, intègre, bienfaiteur, bon" lit-on sur une plaque ornant la façade d'une synagoque.
Au premier soir, un fidèle a fait la ronde offrant du whisky à gogo à l'assistance: "buvez mes frères, je commémore aujourd'hui la mort de mon père en souhaitant la paix", crie-t-il à tue-tête.
Près de lui, un juif orthodoxe, Mahmane Bittgoun "venu de Jérusalem" lance un son puissant à travers une corne. "C'est pour amplifier les prières et la bénédiction", assure-t-il. Les femmes l'encouragent en poussant des youyous.
Il s'arrête un moment de jouer sur cet instrument qui remonte à la nuit des temps, et invite l'assemblée à écouter sa conversation téléphonique établie par gsm avec des pélerins du temple Mirone, un saint enterré près de Tel-Aviv.

"Ils sont maintenant 130.000 pélerins à Mirone, ils vous saluent, prient pour vous et vous demandent de prier pour eux à travers Amran Ben Diouan", lance-t-il le front en sueur.
Un rabin Natan S. résidant à Beercheva (Israël) refuse de parler de politique. "Religieusement on prie pour la paix au Proche-Orient mais politiquement, je refuse de parler", dit-il coupant court à toute question sur le conflit.
Vers minuit, les pélerins s'en vont prier dans la synagogue d'en face sans oublier le "grand saint" Rabi Simon Baryoha enterré en Israël à qui "tous les juifs du monde rendent hommage cette semaine suivant le calendrier hébraïque".
Après la chaleur torride du jour et l'épreuve du pélerinage, rendue encore plus dûre à supporter à cause de la lueur des flammes et l'odeur piquante des bougies brûlées, les pélerins partent s'installer dans un immense restaurant pour festoyer au son de la musique.
La traditionnelle et étonnante cérémonie de vente aux enchères des bougies ponctue le repas.
La collecte, qui se chiffre à des millions d'euros, est versée dans une caisse pour la rénovation et l'entretien des sépultures des 1.200 saints juifs du Maroc.

Albert Moser : Life as a panoramic

courtoisie de paris-art.com

Albert Moser
Life as a panoramic 


01 juin-20 juil. 2012
Vernissage le 31 mai 2012
Paris 3e. Galerie Christian Berst

Photographe autiste associé à l'art brut, Albert Moser réalise, à partir des années 1970 et durant plus de 25 ans, quelques centaines de panoramiques à partir de photos découpées et assemblées qu'il conserve mais ne montre pas. Artiste sauvage et secret, ses œuvres sont d'une qualité plastique et d'une matérialité rares.




Communiqué de presse
Albert Moser
Life as a panoramic

Albert Moser, né en 1926 à Trenton (NJ), vit jusqu'à l'âge de 60 ans avec ses parents — des immigrants juifs russes. Dans sa jeunesse, il exerce quantité de petits métiers mais s'imagine photographe. Après avoir suivi quelques cours à l'Ecole des Arts industriels, formation réservée aux anciens G.I., dont il était, il se fait fabriquer un tampon photographer qu'il appose au dos de ses clichés, à côté de la description méthodique de ses prises de vue.

Il tente un temps de vendre aux commerçants de sa ville des photographies de leur devanture; en vain. Albert Moser commence alors à réaliser des panoramiques (allant parfois jusqu'à 360°) dont il fait faire des tirages au format amateur (souvent en 10x15) par un photographe de quartier. Puis, il recompose minutieusement ses paysages urbains dans un format linéaire qu'il colle, photo après photo. Il retrouve les jonctions à l'aide de ses ciseaux, et les relie avec du scotch transparent.

Ce qui frappe, outre l'audace poétique, c'est la volonté délibérée de réinventer, voire tordre la réalité saisie dans son objectif. Le paysage se referme sur lui-même comme sur celui qui regarde, en une sorte de vertige optique qui contraste avec l'amplitude du déploiement propre au panoramique. Albert Moser n'a pourtant jamais cherché à exposer. Il gardait enroulées ses compositions les unes dans les autres, au fond d'un sac, sans jamais les montrer. Il aura fallu, pour les découvrir, un extraordinaire concours de circonstances.

Même si l'on sait peu de choses sur le sens de ce travail, l'altérité qui le singularise et l'absence de volonté de jouer le jeu du marché de l'art le rapproche, comme Miroslav Tichy (exposé au Centre Pompidou en 2008), de ce que l'on nomme l'art brut. Les photographies d'Albert Moser échappent aux tentatives de définition et posent la question de la réception d'une telle œuvre, conçue et conservée dans le secret. Quelle part de rébellion inhérente un tel projet créatif recèle-t-il? Albert Moser ne s'en explique pas. Lorsqu'il avait 60 ans, en signe de révolte contre ses parents — qui n'encourageaient guère ses pulsions artistiques — il installa un jour dans sa chambre une table de jardin avec, en son centre, un parasol déployé.


Un catalogue bilingue (fr/en) de 200 pages avec un texte d'André Rouillé est publié à cette occasion.

Vernissage 
Jeudi 31 mai 2012 à 18h

Les juifs marocains, plus grande communauté juive du monde arabe

Courtoisie de telerama.fr




Été 1983, Tamo et Meyer, 80 ans, sont les dernier juifs berbères du Haut Atlas. © Abderrahim Youssi

Ils n'ont jamais voulu partir. Refusant de se laisser bousculer par l'Histoire. Sourds aux appels de la Terre promise. En cet été 1983, Tamo et Meyer, 80 ans, savent qu'ils sont les derniers juifs berbères du Haut Atlas. La veille encore, des membres de la communauté, venus de Casablanca, ont tenté de les emmener dans un hospice de Marrakech. Mais ils ne quitteront pas les flancs ocre d'Aït Bouguemez. Et qu'importe s'ils ne sont plus en mesure de vivre de leur métier – bourrelier pour lui, tisserande pour elle. Ils savent qu'ils peuvent compter sur les familles du village. Dans la soirée, le fils des Janane, chauffeur routier, rapportera de Béni Mellal de la viande kasher. Demain, l'une des filles des Beigha déposera du grain, des œufs et des légumes. Normal, entre voisins ? Peut-être. Mais surtout emblématique de ce judaïsme marocain qui compte aujourd'hui trois mille âmes. Certes, c'est peu au regard des deux cent cinquante mille de 1945. Mais cela n'en fait pas moins la plus grande communauté juive du monde arabe.
« Il est probable que les premiers juifs sont arrivés 
au Maroc au Ve siècle av. J.-C., après la destruction 
du premier Temple de Jérusalem. » Mohammed Kenbib, spécialiste de l'histoire du judaïsme marocain

« Il y a les juifs. Et il y a nous, les juifs marocains », s'amuse Hervey Levy, chef d'entreprise d'Agadir. La quarantaine, père de deux enfants, il vit avec tous les siens dans sa ville natale. « Nous faisons partie intégrante de l'évolution de ce pays. Nous y avons toujours eu notre place et personne ne la conteste. »
Il faut remonter à la nuit des temps pour trouver l'origine de cette histoire qui a vu juifs et musulmans partager les mêmes langues, superstitions, saints, souverains ou ennemis, comme le rappelle l'exposition « Les juifs dans l'orientalisme » du musée d'Art et d'Histoire du judaïsme à Paris. Le Maroc y est largement représenté, notamment avec la célèbre Noce juive de Delacroix (1841), mais aussi dans les tableaux de Jean Lecomte du Nouÿ, Alfred Dehodencq ou Jean-Léon Gérôme. La Madeleine de ce dernier, en bronze doré et patiné, porte ainsi le costume des mariées juives du pays.
« Il est probable que les premiers juifs sont arrivés au Maroc au Ve siècle av. J.-C., après la destruction du premier Temple de Jérusalem, explique le professeur Mohammed Kenbib, grand spécialiste de l'histoire du judaïsme marocain. Vinrent ensuite ceux chassés par la destruction du second Temple, en l'an 70, entraînant la judéisation des Berbères, comme il y a eu berbérisation des juifs. Les Andalous sont arrivés en 1492, avec l'Inquisition. »
Les juifs bénéficient du statut de « dhimmis ». « Ce sont des protégés du sultan,poursuit Kenbib. Ils peuvent pratiquer leur religion mais reconnaissent la suprématie de l'islam et payent un impôt particulier. » L'intégration du Maroc dans le marché économique mondial, au XIXe siècle, met à mal l'équilibre culturel, social et économique trouvé entre les populations juives et musulmanes. Les artisans juifs doivent faire face à la concurrence des machines et des objets manufacturés venus d'ailleurs. Et cela s'accentue avec le protectorat (1912-1956), qui entraîne une certaine prolétarisation de la communauté. Sans parler des colons, qui occupent désormais le rôle d'intermédiaires avec l'Europe, jadis dévolu aux juifs.
A l'arrivée des Français, ces derniers doivent également faire face à un antisémitisme jusqu'alors inconnu au Maroc. Dès 1940, les lois antijuives de Vichy y sont appliquées. Sauf qu'entre 1941 et 1943 les musulmans n'hésitent pas à leur servir de prête-nom pour éviter que leurs biens soient séquestrés. Quant au roi Mohammed V, qui avait ouvert les portes du royaume aux juifs d'Europe persécutés dès les années 1930, il a ostensiblement fait savoir aux autorités françaises qu'il ne faisait aucune distinction entre ses sujets.
« Après la Shoah, il fallait redonner aux juifs de nouvelles raisons de vivre et d'espérer. C'est au Maroc que se trouvait 
la communauté la plus importante d'Afrique du Nord. » 
Emile Sebban, fondateur de l'Ecole normale hébraïque de Casablanca

Les juifs marocains ont ainsi traversé la tourmente sans grands dommages, contrairement aux juifs d'Europe, quasiment rayés de la carte. C'est donc naturellement vers eux que se tournent les sionistes (1) pour peupler le nouvel Etat d'Israël. Dès 1947, des centaines d'agents sionistes parcourent à cette fin le Maroc, forçant parfois la main à une population totalement intégrée dans la société. Les départs s'accentuent ensuite avec l'indépendance du pays (1956) et la guerre des Six-Jours en Israël (1967).
Aujourd'hui, au Maroc, cette histoire vieille de près de deux mille cinq cents ans est vaguement enseignée dans les manuels scolaires. Pourtant, elle est partout, inscrite à jamais dans le paysage. Et bien sûr dans les ruelles des mellahs, ces quartiers jadis dévolus aux juifs, à ne pas confondre avec les ghettos fermés d'Europe. Celles de Rabat portent toujours leurs noms. Rue Shalom-Zaoui, rue David-Cohen... Plus un seul juif n'habite ici. Ceux qui résident encore dans la capitale du royaume se sont éparpillés en ville. Mais c'est surtout à Casablanca que l'on trouve le gros de la communauté.
En ce début avril, veille de Pessah (Pâque juive), l'heure y est à la fête. Voilà maintenant plusieurs jours que Marcelle Sebban et son amie Sarita Harrus (respectivement 83 ans et 94 ans) sont sur le pont. La première était professeur de mathématiques. La seconde, institutrice, a aussi voué sa vie à l'éducation. Elles et leurs maris symbolisent le rôle joué, au sein de la communauté juive marocaine, par les institutions scolaires de l'Alliance israélite universelle, cette société culturelle juive internationale fondée en France en 1860. Comme le rappelle Marcelle, « l'Alliance a amené l'émancipation par l'instruction. »

<p>Avril 2012, Emile et Marcelle Sebban et Sion Assidon. © Zara Samiry / Vu pour Télérama</p>
Avril 2012, Emile et Marcelle Sebban et Sion Assidon. © Zara Samiry / Vu pour Télérama

Né en Algérie, Emile Sebban, le mari de Marcelle, est arrivé au Maroc au lendemain de la guerre pour créer l'Ecole normale hébraïque de Casablanca, en 1946. Au programme, un enseignement moderne, hébraïque, français et arabe d'excellente qualité. « Après la Shoah, il fallait redonner aux juifs de nouvelles raisons de vivre et d'espérer. Nous n'aurions pas pu ouvrir cette école ailleurs. C'est au Maroc que se trouvait la communauté la plus importante d'Afrique du Nord. A l'époque, nous n'avions pas conscience qu'elle allait ­massivement émigrer vers Israël, la France ou le Canada. » ­Aujourd'hui, l'école, située dans le quartier résidentiel de l'Oasis, compte encore 150 élèves.
Presque tous les enfants Sebban, désormais dispersés à l'étranger, y ont étudié. Et c'est pour les accueillir que Marcelle court les rues de Casa, où l'effervescence de la fête de Pessah est à son comble. La boucherie Amar ne désemplit pas. Idem pour la pâtisserie de Norbert Fahl. Les indigents de la communauté ne s'y sont pas trompés, faisant la manche alternativement en arabe et en français. Ouverte en 1945 par la grand-mère de Norbert, la maison débite meringues, ­biscuits secs et autres gâteaux kasher. D'autant que la boutique est mitoyenne de la synagogue Beth-El, l'une des trente synagogues de la ville. Construite en 1949 dans un style arabo-andalou, elle accueille les cérémonies officielles en ­présence des représentants de Mohammed VI. Tous les ven­dredis soir, on y bénit le roi et ce pays, dont la nouvelle Constitution stipule que l'unité 
« forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamiques, amazigh [berbère, NDLR] et saharo-hassani s'est nourrie et enrichie de ses affluents africains, andalous, hébraïques et méditerranéens ».
« La saga du judaïsme marocain est trop profondément ancrée dans l'histoire de ce pays pour disparaître. » André Azoulay, conseiller de Mohammed VI

Alors, tout irait pour le mieux dans le Royaume chérifien ? Non. La communauté se réduit chaque jour davantage, et sa moyenne d'âge est élevée. Le pays va mal. Les islamistes « modérés » sont au pouvoir. Les inégalités sont criantes, la délinquance en hausse, et c'est sur ce terreau que prospère un islamisme radical à l'origine des attentats de Casablanca, en 2003. « Un juif, c'est désormais une abstraction. Non plus le voisin ou le cordonnier, mais celui qui est en Palestine et fait du mal », regrette le militant associatif antisioniste Sion Assidon (lire encadré ci-dessous).
On fait avec. D'autant que certains enfants reviennent au pays. « Après ses études en France, mon aîné a accumulé des stages payés une misère, raconte Norbert Fahl, le pâtissier. A Casa, il a immédiatement trouvé du travail. » Idem pour Yoav, le fils Amar, parti à l'étranger six ans durant, qui a ouvert une sandwicherie kasher mitoyenne à la boucherie de ses parents, fréquentée à 95 % par des musulmans.
« La saga du judaïsme marocain est trop profondément ancrée dans l'histoire de ce pays pour disparaître », affirme André Azoulay, hier conseiller économique de Hassan II, aujourd'hui conseiller de son fils, Mohammed VI. « Pour en comprendre la réalité contemporaine et les ressorts, pensez à ce million de juifs marocains dispersés sur tous les continents et qui, génération après génération, ont su et voulu cultiver leur mémoire, affichant sans complexe la richesse de leur marocanité. »
Sion Assidon, lui, fait un rêve. « Au XII-XIIIe siècle, la dynastie musulmane berbère des Almohade, qui domina l'Afrique du Nord et l'Espagne, avait réduit la communauté juive à néant. Mais à peine ont-ils perdu le pouvoir qu'elle renaissait de ses cendres. Avec un peu de chance, l'histoire pourrait se répéter... »

25 mai 2012

Chavouot 5772 - Dimanche 27 mai et lundi 28 mai 2012

Courtoisie de aish.fr


Tout au long de la Torah, le Peuple juif est toujours désigné par la forme plurielle. Cela est apparent dans Exode 19, 2, où nous lisons que les Juifs « voyagèrent » (vayiss’ou)… arrivèrent (vayavo’ou)… campèrent (va’ha’hanou) – tous ces verbes étant au mis au pluriel.


Mais par la suite, ce même verset nous réserve une surprise : Vayi’han cham Israël négued haar – « et Israël campa face à la montagne. »En arrivant au Sinaï, le peuple juif est désigné à la forme singulière. Le commentateur médiéval Rachi écrit que cela vient souligner à quel point la nation entière campa « avec un seul but, et un seul désir ». L’unité était un pré requis pour la révélation au Sinaï. Un évènement ayant des conséquences aussi remuantes ne pouvait se produire qu’à travers l’unité.
EN BUTTE AUX ATTAQUES
Comment les juifs parvinrent-ils à atteindre un tel niveau d’unité au Sinaï ?Dans Exode, chapitres 15-17, les Juifs traversent une mauvaise passe. Il n’y a pas d’eau et ils s’en plaignent. Puis la viande fait défaut, et ils rouspètent. Ils sont tellement hors d’eux que Moïse craint pour sa vie. Et puis de nouveau, l’eau en vient à manquer. Les juifs se battent et se querellent terriblement.
Puis Amalek arrive sur scène et attaque Israël. Une menace extérieure les ébranle. Quelle est la suite des évènements ? Les juifs campent dans l’unité au Mont Sinaï.Quand nous autres juifs sommes menacés en tant que peuple, nous recevons le message cinq sur cinq. Nous savons que nous ne formons qu’un seul homme. Durant la Guerre des six jours, tous les Juifs se tinrent ensemble. Dans la lutte pour sauver le judaïsme soviétique, tous les juifs se rallièrent à cette cause. Quand nous sommes en butte aux attaques, nous devenons unis.Le prophète compare le peuple juif à un « troupeau de moutons ». Comme l’explique le Midrach, quand un animal est attaqué, tous réagissent!

LE BUT AVANT L’EGO
Il y a une autre occurrence où la Torah se réfère à une nation à la forme singulière. Sept semaines plus tôt, alors que les Juifs s’approchaient de la Mer Rouge, ils se retournèrent et virent Mitsraïm nosséa a’haréhem – « les Egyptiens voyageant (au singulier) après eux » (Exode 14, 10). Les Egyptiens étaient unis dans leur objectif de détruire le peuple juif.Dans ce cas précis, l’unité fut négative et destructive. Au Sinaï, l’unité conduisit à la civilisation du monde. Quelle est la différence ?
Dans son commentaire sur l’unité égyptienne, Rachi effectue un léger changement dans l’ordre des mots. Il écrit que les égyptiens poursuivirent les Hébreux « avec un seul désir et un seul but. » Dans le cas des juifs, le but vint en premier. Dans le cas des égyptiens, l’accent principal fut mis sur le désir personnel.
Si l’égo, le partisanisme, et les intérêts personnels sont ce qui définit un peuple, alors ils s’autodétruiront et détruiront le monde. Tandis que si un but commun de proximité divine et de Torah est le facteur unificateur, cela aboutira à la perfection. La leçon est claire pour nous aujourd’hui.

Troïm Teater

Courtoisie de  yiddishteater.org



C’est dans le cadre des activités culturelles de la Maison de la Culture Yiddish – Bibliothèque Medem qu'est née, en 2001, la Compagnie « Troïm Teater » qui en français signifie « théâtre du songe ». L'objectif principal de la compagnie est de faire connaître les trésors du théâtre yiddish accumulés tout au long de son histoire. Elle présente sesspectacles en langue yiddish avec sur-titrages en français, afin d'atteindre un large public..


Les techniques modernes de sur-titrage permettent de voir des pièces en japonais, en suédois ou en tant d'autres langues plus ou moins « exotiques » que nous ne parlons pas et que nous ne comprenons pas. Alors pourquoi pas en yiddish? Le théâtre est un art d'expression orale. Une pièce jouée dans la langue de son auteur a une toute autre valeur artistique: à son contenu s'ajoute la mélodie de cette langue, unique en soi, qui induit à son tour des expressions et attitudes corporelles intraduisibles dans toute autre langue.

Région de la Capitale du Canada : Projet de monument national de l’Holocauste

Courtoisie de capitaleducanada.gc.ca


La région de la capitale du Canada aura son monument national à la mémoire des victimes et des survivants canadiens de l’Holocauste.
Ce nouveau monument d’importance assurera à l’Holocauste une place permanente dans la mémoire et la conscience collectives de notre pays.
L’honorable John Baird, ministre des Affaires étrangères et ministre responsable de l’application de la Loi sur la capitale nationale, a mandaté la Commission de la capitale nationale (CCN) pour agir en tant que conseillère technique et gestionnaire du projet de réalisation de ce monument.
À ce titre, la CCN supervisera la planification, la construction et l’entretien du Monument national de l’Holocauste.
La CCN est à la recherche d’éventuels emplacements pour ériger le monument dans la capitale.
Pour en savoir davantage sur le Monument national de l’Holocauste, visitez le site Web d’Affaires étrangères et Commerce international Canada.

24 mai 2012

Lalo Schifrin, lauréat du prix Max-Steiner à Vienne

Courtoisie de cinema.nouvelobs.com

Le compositeur de « Mission impossible » et de « L'Inspecteur Harry » recevra sa distinction le 22 octobre au cours du gala « Hollywood à Vienne ».
Le compositeur argentin de jazz et de musique de film Lalo Schifrin va recevoir le Prix Max-Steiner (Max-Steiner Film Music Achievement Award) pour l'ensemble de son oeuvre.
« C'est pour moi un grand honneur de recevoir ce prix précisément à Vienne, la capitale mondiale de la musique  », a déclaré le compositeur dans un communiqué.
Le prix lui sera remis le 22 octobre à Vienne au cours du gala « Hollywood à Vienne » dans la grande et ancienne salle du Konzerthaus.
Lalo Schifrin, qui fêtera ses 80 ans le 21 juin, s'est d'abord fait connaître pour ses compositions et arrangements de jazz, avant de faire carrière à Hollywood comme compositeur de film - plus de cent, notamment « Cincinnati Kid », « Bullitt » et « Dirty Harry » - et de musique de séries télévisées comme « Mission impossible », « Starsky and Hutch », « Mannix » et « Shrek ». Il est titulaire de quatre Grammys, la plus importante distinction musicale américaine.
D'origine juive, fils d'un violoniste de l'Opéra de Buenos-Aires, le Teatro Colon, Lalo Schifrin a fait ses études musicales à Buenos-Aires avec le père du chef d'orchestre et pianiste israélo-argentin Daniel Barenboim, avant de gagner ses premiers cachets comme pianiste de jazz dans des clubs parisiens, puis de fonder un grand orchestre dans la capitale argentine et de jouer aux côtés de l'accordéoniste argentin Astor Piazzola. C'est ensuite à Hollywood qu'il a fait carrière. Dans le secteur du jazz, il a longtemps travaillé avec le trompettiste américain Dizzy Gillespie (« Gillespiana », 1960).

Agen : la mémoire, un devoir qui n'est pas mis en vacances

Courtoisie de sudouest.fr

En mai, la Ville consacre une conférence et deux expositions à la Seconde Guerre mondiale.

Médiathèque, hôtel de ville, Espace Mémoriel de la résistance et de la déportation, musée des Beaux-Arts. Via trois événements, les responsables de ces quatre lieux mettent en commun leur énergie afin d'organiser une manifestation consacrée à l'Histoire et la Mémoire.
Adjointe à la culture, Nadège Lauzzana parle de « convergence dans notre volonté de transmettre une mémoire dont nous sommes dépositaires. Nous avons choisi le prisme local mais intégré dans les territoires français et européen. »

Les responsables de ce triple rendez-vous au musée des Beaux-Arts.

                                                              (Photo émilie Drouinaud)


1 Mairie : Struthof, un camp de concentration
Sis dans le Bas-Rhin, le Struthof sur la commune de Natzwiller, a été le seul camp de concentration sur le sol français lors de la Seconde Guerre mondiale. Via 17 panneaux, des photos, archives, documents et dessins seront exposés à la mairie, salle des Illustres, du lundi 7 au vendredi 12 mai. La visite est libre de 13 h 30 à 16 h 30. Les mercredi, jeudi et vendredi, à 15 h 30, le public pourra voir un documentaire du camp et pourra rencontrer d'anciens déportés. Des déportés et des résistants, Agenais et Lot-et-Garonnais, dont la mémoire sera exposée dans l'escalier et les vitrines de l'hôtel de ville.
Enrichie, l'exposition consacrée au Struthof et appartenant à l'Office nationale des anciens combattants sera ensuite installée au Pôle mémoire et archives du 14 mai au 30 juin (1).

2 Médiathèque : les 473 juifs déportés
Double rendez-vous à la médiathèque Lacépède. Du 12 mai au 1er juin, elle accueillera une exposition de dessins et de gravures du fond de l'Espace Mémoriel de la résistance et de la mémoire, autant de témoignages venant compléter la conférence consacrée aux 473 déportés juifs de Lot-et-Garonne. Samedi 12 mai, à 17 h 30, les historiens Alexandre Doulut et Sandrine Labeau (professeur à Lomet à Agen) décriront le parcours de vie de ces victimes de la Shoah ainsi que la machinerie bureaucratique et policière qui a organisé leur arrestation. Alexandre Doulut a écrit un ouvrage sur le thème des déportés de Lot-et-Garonne, livre édité fin 2011. L'ensemble de son travail lui a valu d'être désigné Nouveau Juste (2).

3 Musée : « L'Art victime de la guerre »
Conservatrice du Musée des Beaux-Arts, Marie-Dominique Nivière, prévient : « l'exposition intitulée "L'Art victime de la guerre" n'accueille pas d'œuvres nouvelles mais met en lumière quatre tableaux exposés au musée ».
Elles font partie d'œuvres d'art spoliées, principalement aux familles juives, pendant la Seconde Guerre mondiale et qui sont aujourd'hui orphelines. Car les familles à qui elles appartenaient n'ont pu être identifiées ou ont disparu. Cette exposition est simultanément organisée dans les 7 musées de la Région - Agen Bayonne, Bergerac, Bordeaux, Libourne, Pau et Périgueux - et au château de Cadillac, qui conservent 37 œuvres aux Musées Nationaux Récupération (MNR) (3).

(1) Pôle mémoire et archives, rue de Contensou, Tél. 05 53 95 93 49 - archives@agen.fr
(2) Médiathèque, 1, place Armand-Fallières, Tél. 05 53 66 50 52 - mediatheque@agen.fr
(3) Musée des Beaux-Arts, place du docteur Esquirol, Tél. 05 53 69 47 23.